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Joyeux noël à tous, faites attention aux chocolats mhuahaha !

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 FINI - Le plus important, c'est de voir

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MessageSujet: FINI - Le plus important, c'est de voir Ven 25 Juil - 13:35


 ❝Le plus important, c'est de voir❞
feat. Hiro Komage.



Je marche dans le noir, l’obscurité me fascine. Elle m’avale, déchire les formes, soumet la clarté. Les silhouettes ne sont plus ce qu’elles paraissent, elles sont difformes et inquiétantes. J’ai peur autant que je ne peux pas me sentir plus en sécurité. Je ne peux voir les dangers qui m’entourent, mais les dangers non plus, ne me perçoivent pas. Je suis prédatrice et proie, tout en même temps.
Je renverse ma tête en arrière, je souris. Mon visage tourné vers les étoiles, je me sens impuissante. J’ai l’impression de tomber, de sombrer dans le néant. Pourtant ce soir, la sensation s’estompe. La voie lactée ne m’emporte pas et la lourdeur de l’apesanteur s’accroche à mon corps de ses mains puissantes. Cependant leur douceur me surprend, et la réalité de cette image me sonne.
Béate, je penche la tête plus en arrière encore et deux orbes argentés frappent mon esprit avec la violence d’un roc. Surprise je me redresse vivement et me tourne vers ce visage fin. L’obscurité ne me permet pas de discerner ses traits, pourtant je sens en moi qu’ils sont fins et délicats. Ses yeux argentés me détaillent, entrent au cœur de mon âme et broient toutes mes défenses. Je ne souris plus, mais malgré moi une sensation des plus étranges s’empare de tout mon être.
Il, non. Nous nous prenons dans les bras l’un de l’autre, et un sentiment de plénitude me prend au corps. Sa chaleur est bien réelle, son souffle dans ma nuque est agréable, rassurant. Je soupire. Son nom entre dans ma tête comme une évidence, comme une promesse de longue date qui se réalise enfin. Il resserre doucement son étreinte lorsque je prononce son nom.

- Adam.


***** ***** ***** ***** *****

J’ouvre difficilement les yeux, et la première chose que je vois est le ciel sombre empli de toutes ses lueurs que sont les étoiles. Je me redresse, je tâtonne le sol et laisse couler le sable fin entre mes doigts. J’ai probablement dû m’assoupir en fin d’après-midi, lorsque la plage se vidait doucement et que j’ai pu prendre possession d’un carré de sable. Je soupire doucement, la soirée débute et les jeunes arrivent déjà pour entamer leurs superbes soirées d’été. Cela fait trois jours que nous sommes là, étudiants d’Hikage. Les Bahamas sont magnifiques et je me plais ici. Mais qui pourrait savoir ce que je ressens ? Je reste dans mon coin depuis que je suis dans ce nouveau lycée, et je ne me mêle pas aux autres. Ce qui me sert de distraction, à moi, c’est de les observer de loin. Être avec eux me rend mal à l’aise, j’ai l’impression de gêner, et je ne me sens pas à ma place. En revanche quand je les regarde être heureux ou se disputer entre eux, je ressens leurs émotions et je me sens vivante. Je me sens bien mieux à l’écart, là où je peux profiter de leur vie sans qu’ils ne se préoccupent de la mienne.

Assise sur ma serviette de plage, les genoux repliés contre ma poitrine et les bras croisés autour d’eux, je pose mon menton en leur creux et je commence à me délecter de l’activité qui s’anime un peu plus loin, tout autour de barriques qui prennent feu les unes après les autres. Non décidément, je suis bien mieux à l’écart, là où je fais partie d’eux sans être le centre de l’attention. Inconsciemment, je cherche mon frère parmi les dizaines d’étudiants qui arrivent par petits groupes. Je cherche son regard agressif dans lequel j’ai toujours eu l’habitude de dénicher cette étincelle d’amour intense, je cherche ses bras puissants, leur étreinte protectrice. C’est fou comme l’absence d’une personne peut peser lourd sur une existence. Adam me manque, et je donnerais n’importe quoi pour me retrouver contre son torse, comme dans le passé, une dernière fois.

Plus loin, j’aperçois subitement une jeune fille qui lâche un cri strident avant de sauter et se mettre à courir dans tous les sens, poursuivie farouchement par un garçon d’une tête plus grand qu’elle. Je me régale de cette scène de vie alors qu’ils ne savent pas qu’en plus de leurs amis, une autre personne les observe en secret. Je m’amuse de son rire, du sourire du garçon plaqué sur son visage alors qu’il tend les bras pour essayer de l’attraper. Ils sont heureux. Peu importe ce qu’est leur vie lorsqu’ils sont chez eux ou au lycée, ce soir ils sont heureux et ils profitent de leurs vacances. Ce petit manège sera l’un de mes souvenirs de vacances, sans même avoir pris la peine d’y participer. Je n’ai pas besoin de faire partie des scènes que je grave dans ma mémoire. Le plus important, c’est de les avoir vues.

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Dernière édition par Evelyn Baylin le Dim 16 Nov - 5:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Lun 28 Juil - 1:53

Trois jours. Il lui avait fallu trois jours pour pouvoir s’approcher. Une approche en trois temps. Une première pour tourner la page, une seconde pour ouvrir les yeux, une troisième pour agir. Au fond ces vacances s’avéraient plus qu’utiles pour lui. Elles lui permettaient de grandir et d’enfin passer à autre chose, un an après. Lui qui s’était cru si vite guéri. Alors qu’au fond il était toujours en train de tenir collées les miettes de son ancienne identité et tremblait de peur qu’on découvre à quel point il était fragile. Caché par un masque qu’il avait adopté. Tellement bien épousé que lui-même s’y était laissé prendre bien trop longtemps. Mais une simple contrainte avait tout réduit en lambeaux.

Premier jour aux Bahamas.

Arrivée excitée de tous les élèves. L’avion n’a absolument pas atténué leurs enthousiasme, bien que quelques-uns aient les yeux rougis de fatigue et que les diverses démarches prennent un temps qui s’étire inlassablement en groupe. Quand enfin ils sortent de l’aéroport pour se rendre aux bungalows, c’est pour manger sans grand appétit après le voyage un repas léger et recevoir l’autorisation de leurs professeurs d’aller sur la plage une petite heure avant de devoir aller dormir. Tous les élèves semblent particulièrement survoltés. C’est le début d’un voyage mémorable, entouré d’amis ou de connaissances. Une occasion unique de créer de nouveaux liens et de se faire d’incroyables souvenirs. C’est en tout cas l’impression qu’il en a. Hiro suit le mouvement, ils rejoignent les bungalows pour mettre leurs maillots et se ruer sur la plage. Personne ne se rend compte qu’il traîne derrière. Silencieux, il ne s’est pas changé.

Quel idiot.

Evidemment. Il refusait d’y penser jusqu’ici. Qui dit plage dit maillots. Il en a un évidemment. Mais l’enfiler équivaut à accepter de révéler les marques de brulures. Ces marques qui le stigmatisent et qu’il déteste montrer. Il ne veut ni de pitié ni de compassion. Il ne veut pas supporter les inévitables regards curieux. Les minutes s’écoulent, lentement. Il n’arrive pas à se décider. Il veut participer. Il sait qu’il doit faire le pas. Pour enterrer les souvenirs douloureux de l’incendie, pour passer définitivement à autre chose. Pour guérir. Il n’a qu’à passer le maillot et rejoindre les autres. Une soirée. Une heure. Une longue heure pendant laquelle il subira leurs regards avant qu’ils ne passent à autre chose qu’aux marques. Il les connaît maintenant. Ils l’accepteront ainsi sans aucun problème. Mais même s’il se dit tout cela il n’arrive pas à se convaincre. Une alternative est de passer un T-shirt mais il sait que ce ne serait qu’un maigre rempart. Mais surtout, ce ne serait pas la solution. L’occasion est inespérée mais il n’arrive pas à la saisir.

Une demi-heure s’est écoulée. Une porte claque. Hiro se dirige vers la plage. Il a réussi à se motiver grâce à une simple phrase. Une phrase qu’il a dite, il y a quelques temps alors qu’il devait expliquer à une jeune fille que les transformations du pensionnat ne changeaient en rien les personnes qu’elle côtoyait… Mince, c’est gênant. Mais il jouait les donneurs de conseil sans les suivre. Il avait changé, mais il est toujours le même. Ici, tous l’ont compris et accepté. Alors en avant. Tourner la page. Première approche réussie.

Deuxième jour aux Bahamas.

Passé les premiers regards et quelques questions auxquelles il a su répondre en racontant son histoire avec un détachement déconcertant, au final tout s’est bien passé. Il s’est ouvert. Il n’aime toujours pas montrer ses cicatrices, ni en parler, mais il sait le faire. Il a passé un cap. Maintenant il s’amuse, avec les autres. En une nuit, il a l’impression d’avoir changé. Au fond, il a grandi. Il est content, plus assuré. Il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire. Et comme il va mieux, il a retrouvé son caractère enjoué. Il donne le sourire, il fait rire avec quelques remarques et en animant tout le groupe. Les professeurs lèvent les yeux au ciel mais au fond ils apprécient autant que les élèves qu’il tente de faire partager à tout le monde un bon moment. C’est ce jour-là qu’il la remarque. Avant, il ne l’aurait pas fait. Lui qui veut aider tout le monde, qui se sent l’âme d’un grand altruiste doit avouer qu’il ne s’occupait que des cas évidents. Un sourire plaqué sur un visage le satisfaisait auparavant. Il restait dans un cocon, s’arrêtait à la surface des problèmes. C’était déjà sympathique de faire un effort, mais certaines personnes sont plus difficiles à cerner. Elle fait partie de ces personnes-là. Et c’est pour cette raison qu’il ne peut pas avancer simplement à sa rencontre. Discrètement, il l’observe.

Evelyn. Solitaire. Il a ouvert les yeux et l’a vue. Deuxième approche. Il s’avance peu à peu. Il lui faut encore un peu de temps.

Troisième jour aux Bahamas.

Encore une journée animée. Les élèves semblent encore pleins d’énergies pendant la matinée mais le contrecoup se fait ressentir durant l’après-midi. Cela se calme un peu. Tout le monde commence à prendre un rythme. Rythme qu’ils garderont pour le reste des vacances. Les soirées sont les plus intéressantes. On se réunit autour des barils qui s’enflamment –bien qu’Hiro reste tout de même à une distance plus que respectable des flammes, il ne peut pas s’en empêcher et cela se comprend aisément-, on se dispute et on rit. On passe du temps ensemble et c’est l’important. Mais pas elle. Il l’observe depuis la veille. Elle reste à l’écart sans jamais quitter des yeux les autres groupes. De temps à autre, il voit un léger sourire éclore sur son visage, l’illuminant. Chaque fois, c’est lorsque que quelque chose d’intéressant survient parmi l’un des groupes d’amis. Mais rapidement, elle remet son masque. Un masque impassible à travers lequel rien ne perce, excepté une légère lueur dans ses yeux qu’il qualifierait de triste ou mélancolique.

Ce soir, il entame la troisième approche. Il agit. Il n’arrivera à rien en l’entraînant au milieu d’un groupe. Elle se sentira comme une intruse. Alors si elle ne peut pas entrer dans un groupe, c’est lui qui en formera un autour d’elle. Elle en sera le centre, et pour cela on pouvait compter sur lui. A cette heure, une partie des élèves ne sont pas encore revenus pour terminer la soirée sur la plage. Il sait bien que quelques-uns viendront le voir, il connaît presque tout le monde au pensionnat. Alors il jouera les aimants, et il s’attachera à elle. Ensuite, il improvisera. Décidé, il s’approche en silence et s’assied à côté d’elle, dans le sable. Lui lançant un léger sourire, il lui demande :

« -Ca te dérange que je reste ici ? »

Pourvu qu’elle ne dise pas non. Cela lui faciliterait les choses. Si elle refuse, il reviendra à la charge d’une autre manière. Mais il ne pense pas qu’elle refusera. Elle risque juste d’hocher la tête en silence et de l’ignorer poliment jusqu’à ce qu’il s’en aille. Sauf que si elle le laisse faire, il veillera à ce que cela ne se passe pas comme cela.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Sam 2 Aoû - 14:07


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J'observe encore longtemps l'activité Hikagienne sur la plage. Ils m'amusent, tous, à être heureux. Je vois défiler une, deux bouteilles d'alcool, mais c'est toujours le même groupe et ils n'incitent pas ceux qui ne sont pas intéressés. Au moins, à défaut de ne pas savoir s'amuser sans abuser, ils ne gâchent pas la soirée des autres. Je souris encore, lorsqu'un garçon, un qui semble bien plus jeune que moi, tombe dans le sable tête la première alors qu'il voulait surprendre un autre élève. Tous se sont mis à rire tandis que son ami l'aidait à se relever, et j'ai aussi laissé échapper un son amusé. Je me reprends tout aussi vite et je continue d'observer, parce que le temps passe et Adam n'est toujours pas là. Est-ce qu'il viendra, ce soir? Je ne l'ai pas vu depuis le début du séjour. J'en viens même à me demander s'il a pris l'avion avec tout le monde. Si ça se trouve, il est resté seul au pensionnat, il en serait bien capable.

C'est en revoyant le visage de mon frère, en l'imaginant assis sur son lit à écouter inlassablement de la musique pour passer le temps, que j'aperçois le garçon qui s'approche. Je le connais, il est dans la même classe qu'Adam. En bonne observatrice, j'ai déjà assimilé les noms, les prénoms, et les visages qui entourent mon frère. Hiro Komage, qu'il s'appelle. Mais, il n'a rien à faire là, à mes alentours. Je suis éloignée du groupe, suffisamment pour ne percevoir que des bribes de conversations et pour qu'on ne me voit pas dans la pénombre de la nuit. Pourtant lui, il m'a vue. Demain, je m'éloignerais davantage. D'abord, je le laisse venir sans un mot, continuant d'observer le reste du groupe sans lui prêter la moindre attention, et je ferme mon visage à toute émotion susceptible de faire son apparition. Et puis il s'assoit, l'air de rien, à mes côtés. Il en vient même à me demander la permission de rester à mes côtés. Je ne dis rien pendant plusieurs secondes, il me faut bien réfléchir à ce que je vais dire.

Je le connais. Il est l'un de ces types qui rend tout le monde heureux, il fait partie de ceux que tout le monde cherche à connaître et à attirer dans sa bande pour de superbes moments et d'inoubliables fous-rires. Je ne suis pas comme ça. Je n'ai pas besoin de lui, au contraire, parce que j'ai bien peur que sa présence n'attire celle des autres. De mon point de vue, Hiro représente plus un danger qu'une opportunité de passer un bon moment. Finalement je redresse la tête sans pour autant changer de position, et je tourne mon regard argenté vers le sien, dans une attitude aussi sûre de moi que je suis tétanisée. Je feint l'assurance à la perfection, c'est le seul bouclier que je possède.

- Si personne ne t'a vu et suivi, ça ne me dérangera pas. Mais tu perds ton temps.

Bien sûr, oui. Comme tous ceux avant lui, qui ont pensé pouvoir devenir mes amis. Mon ami, c'était Adam. Il apportait autour de moi tout ce dont j'avais besoin, c'est à dire lui. Je n'ai jamais eu de bande de copains ou copines, je n'en ai jamais eu besoin. Peut-être un jour, évoluerais-je dans ce sens, mais ça m'étonnerait beaucoup. Je ne suis pas suffisamment intéressante. Contrairement à Hiro, je ne suis pas capable de discuter avec les gens, et de surpasser les douleurs de mon passé. Parce que je les ai vues, comme les autres, ses marques de brûlures. Je l'ai observé pendant que tous lui posaient d'innombrables questions par simple curiosité, comme s'il était une bête de foire le temps d'une soirée. Je sais qu'il a certainement vécu quelque chose d'horrible et je sais aussi, que je ne lui poserais pas de question parce que rien ne me concerne. Mais lui, il a su passer au-dessus, ce que je serais bien incapable de faire.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Ven 8 Aoû - 18:01

Pourvu qu’elle ne dise pas non. Cela lui faciliterait les choses. Si elle refuse, il reviendra à la charge d’une autre manière. Mais il ne pense pas qu’elle refusera. Elle risque juste d’hocher la tête en silence et de l’ignorer poliment jusqu’à ce qu’il s’en aille. Sauf que si elle le laisse faire, il veillera à ce que cela ne se passe pas comme cela.

Elle le dévisage un insant. Il a le temps de remarquer que ses yeux sont gris… Un gris argenté presque métallique. Il a l’impression qu’ils sont durs et fermes. Des yeux de fer, deux billes d’acier poli qui renvoyaient au monde un éclat sourd. Ces yeux lui servent à voir, mais ils tranchent quiconque veut s’intéresser aux secrets de leur propriétaire. Hiro est déjà en train de marcher sur le fil du rasoir, mais il sent qu’il va prendre le risque de se couper. Elle a revêtu une attitude d’assurance comme une armure. Elle est prête à combattre pour s’assurer que personne ne l’approchera. Il le sent. Il l’a vue… Mais il n’est plus là pour voir, il est là pour agir. Pour la faire sortir de sa coquille et l’aider. Il a envie de la voir sourire.

Elle a déjà compris. Personne ne l’a encore suivi mais elle n’est pas idiote, elle sait qu’il est ce qu’on qualifie de populaire et que d’autres personnes vont bientôt venir les rejoindre. Il doit pour l’instant réussir à la convaincre de rester, même quand les première personnes viendront. En attendant, il faut qu’il tente de se rapprocher. Petit pas par petit pas. Lentement s’il le faut, mais il l’amènera à bien vouloir retirer son masque et montrer à tout le monde la réelle Evelyn qu’elle tient sous clé. Il la devine. Elle passe son temps à regarder tout le monde mais lui a aussi passé une journée à ne regarder qu’elle. Il a remarqué ses légers sourires, il a compris comment elle profitait des petits événements qui survenaient dans le quotidien des autres élèves, préférant ne pas y participer mais se contentant de les avoir regardé. C’est vrai que d’où elle est, on le la remarque pas mais elle peut tout voir. Sauf que lui est venu s’incruster… Il lui répond enfin, tentant d’engager la conversation :

« - Je vais peut-être perdre mon temps mais au moins j’occuperai le tien. Je pense donc que cela vaut le coup. Et puis au moins je peux profiter de la fin d’un coucher de soleil assis aux côtés d’une jolie fille. »

Il va la flatter, outrageusement, la complimenter jusqu’à ce qu’il obtienne une réponse. Qu’elle lui réponde du tac au tac, ironiquement ou qu’elle l’ignore, peu importe. Ce qu’il veut c’est une réaction. Même l’agacer serait bien, même s’il préférerait qu’elle sourie ou rougisse. Il ne sait pas encore pourquoi elle agit ainsi, et c’est la clé du problème. Si elle n’a pas confiance en elle, il lui en donnera. C’est ce qu’il tente maintenant. Si elle n’aime pas l’image qu’elle a d’elle-même, il jouera les miroirs jusqu’à ce qu’elle se trouve sublime. Si elle a peur d’entrer au contact des autres, il l’y initiera jusqu’à ce que ce soit d’elle-même qu’elle aille vers eux. Si il y avait autre chose, il trouverait quoi et mettrait toute la passion qu’il avait pour remédier au problème. Il allait la sociabiliser, la faire sourire et faire en sorte qu’elle s’ouvre au monde. Il voulait qu’elle sorte de sa coquille et il allait y arriver. Il avait tout son temps ! Les vacances étaient une bonne opportunité pour commencer mais peu importe le temps que cela prendrait, il pouvait se montrer patient. Son but n’était pas de la changer totalement, ce ne serait plus elle. Non, tout ce qu’il voulait c’est qu’elle cesse de rester aussi solitaire, aussi détachée. Elle n’a pas à devenir une fille ultra-populaire, juste à avoir quelques amis, pouvoir devenir elle-même.

Il y a certaines personnes plus solitaires. Elles ont besoin de moins d’amis. Ne ressentent pas l’envie d’être sous le feu des projecteurs. Elles se contentent d’un petit cercle de proches plutôt que d’une centaine de connaissances. Mais même les personnes les plus solitaires ont besoin d’un peu de contact humain. On peut apprécier la solitude mais on ne peut pas vivre seul pour autant.

Il reprit la parole, semblant plus se parler à lui-même en se remémorant un souvenir qu’à sa charmante voisine :

« -Tu sais, je n’ai jamais su bien nager. Petit j’avais même peur de l’eau. Mon grand-père n’a pas apprécié que je pleurniche en refusant d’aller à la piscine donc une fois il m’y a traîné avant de me balancer dans le bassin. Il a ensuite sauté à côté de moi et m’a empêché de sortir jusqu’à ce que j’accepter de l’écouter et que fasse plusieurs longueurs. Sur le coup, je l’ai détesté, mais grâce à lui, aujourd’hui je n’ai plus peur de l’eau. »

Il ne savait même pas pourquoi il lui racontait cela. Il n’avait aucune intention d’agir ainsi en lui faisant prendre un bain de foule ou quelque chose du genre. Bon d’accord attendre que des gens viennent près d’eux pouvait y ressembler un peu mais ce n’était pas vraiment son intention de faire un traitement choc… C’est juste que c’était tout ce qui lui était venu à l’esprit quand il avait senti qu’il devait dire quelque chose.

Il lui lança un regard, espérant qu’elle n’allait pas se lever et simplement tourner les talons en pensant qu’il allait tenter de « la balancer dans le bassin » à son tour.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mar 12 Aoû - 19:39


 ❝Le plus important, c'est de voir❞
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- Je n'ai pas besoin que tu occupe mon temps, je le fais déjà très bien toute seule.

Ne pas se laisser approcher, ce serait bien trop facile. Une remarque, une réponse amicale et c'en sera terminé. Une nouvelle personne sera à mes côtés, puis une autre et encore une. A la fin, comme je l'ai déjà connu, je ne saurais plus où donner de la tête, je me perdrais dans les méandres de l'"amitié" et je finirais par souffrir parce que rien de ce que j'aurais cru n'aura été vrai. Je regretterai amèrement, je deviendrais mélancolique et triste, tous réaliseront que je n'ai jamais rien d'intéressant à raconter et ils s'éloigneront. Et moi, je n'aurais pas la capacité, comme Hiro, de les retenir. Et je serais encore malheureuse, parce que leurs départs me toucheront plus que ce que j'aurais voulu.

Un coucher de soleil. Je tourne légèrement les yeux vers l'astre de jour. Oui, il est toujours un peu là, au loin, et moi qui suis la plus observatrice que je connaisse, voilà que je n'avais pas fait attention à la splendeur de sa disparition lente dans le ciel. Hiro, lui, semble ne rien avoir trouvé de mieux à dire. Il me flatte, comme l'a déjà fait Kei lorsque je l'ai rencontré. Je me sens mal. Je déteste les flatteries, ça me fait peur. D'autant que je ne sais pas comment marchent les codes, j'ignore comment m'y prendre pour complimenter une personne à mon tour. faut-il être sincère? Ou seulement lâcher un commentaire, peu importe lequel, sur la personne de l'autre? Comment savoir?

- Ce n'est pas une jolie fille qui fait la beauté d'un coucher de soleil, Hiro.

Se protéger pour mieux combattre. Veiller à rester seule, dans la sécurité et l'ignorance. Là est mon monde, et tout ce que je connais de la vie. Je ne peux délibérément me séparer de ce qui me reste de mon frère : la distance des autres. J'aimerais qu'Hiro comprenne sans que j'aie à lui expliquer, parce que mon coeur et mon esprit ne sont pas assez forts pour que j'aie le cran de lui dire ce qui se passe dans ma tête, ce que j'ai vécu et ce qui a fait de moi aujourd'hui, ce que je suis devenue. J'aimerais qu'Adam nous voit, qu'il se souvienne et qu'il vienne me protéger de cette situation qui m'est nouvelle et inconnue. Je suis tétanisée à l'idée de rencontrer quelque chose de nouveau.

Fallait-il ce que ce soit lui? Ou moi? Ou l'eau? Si une quelconque entité supérieure existe, elle a véritablement décidé d'être mon bourreau ce soir. Hiro avait peur de l'eau, qu'il me dit. Et moi alors? Avais-je peur de l'eau, il y a trois ans? Non. Pourtant j'étais paniquée, sur le lac. Et au lieu de me laisser tomber dedans pour m'apprendre à ne plus avoir peur, Adam a pris ma place sans la moindre hésitation. Il a décidé, ce jour-là, que ma vie valait mieux que la sienne. Je ne saurais probablement jamais selon quels critères il a basé son choix. Je ne saurais sûrement jamais pourquoi il a décidé que sa vie devait s'arrêter là, et la mienne continuer encore. Mais il a pris ma place, et il a donné sa vie pour moi.

Hiro semble ne pas comprendre lui-même pourquoi il m'a expliqué sa mésaventure qui pour lui est devenue une sorte de nouvelle chance. Il à l'air d'hésiter, son regard suspendu à mes lèvres comme s'il attendait mon jugement comme le Jugement Dernier. Vais-je le condamner à ne devenir qu'un vague souvenir de cette soirée d'été? Vais-je seulement le quitter sans un regard? Pourrais-je le considérer comme quelqu'un de bien? Devrais-je me risquer à le laisser approcher, au point de l'autoriser à apprendre à me connaître? Mon instinct froussard me hurle le danger, mais aussi bêtement que l'agneau court vers le loup, j'ignore la peur.

- Je n'ai jamais eu peur de l'eau. Pourtant le jour où j'ai eu l'occasion de tomber dedans, quelqu'un a décidé qu'il devait prendre ma place et il a perdu tout ce qu'il avait sans hésiter pour que je continue de vivre ma vie.

Je plonge mon regard argenté dans le sien, et je me prends à espérer qu'il saura comprendre l'importance de ce que j'ai vécu. J'ai été suffisamment vague pour qu'il ne comprenne pas. Je crois. Je ne peux m'empêcher d'espérer, autant que crains de le laisser rester auprès de moi. Ca ne fait que quelques secondes, peut-être une minute qu'il est là. Mais déjà je ressens la peur de la foule approchant, comme si son absence ne pouvait rester ignorée assez longtemps pour me laisser le temps de fuir avant d'alerter le monde dont il fait partie.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Lun 18 Aoû - 22:01

Elle tentait de l'éloigner... Elle se montrait rude, voulait sembler inabordable pour ne pas qu'il reste près d'elle. Elle avait déjà compris qu'il allait jouer le rôle d'aimant et attirer diverses personnes auprès de lui, mettant en danger sa précieuse isolation. Toujours sèche, elle est froide dans ses paroles. Elle ne réagit pas au compliment, enfin pas comme il l'aurait voulu. Il commence à la cerner. Bien qu'il ne connaisse pas ses motivations, ce qui la pousse à rester à l'écart, à se contenter de regarder les autres vivres sans oser y prendre part elle-même. Il l'a assez regardée pour deviner que ce n'est pas tant la présence d'autres personnes qui lui fait peur, mais la crainte qu'elles s'éloignent. Sa réaction ne fait que le prouver, si elle avait voulu fuir et rester solitaire, elle ne serait pas toujours assise à l'écart, à épier constamment ce qui arrivait aux autres. Elle ne l'aurait même pas laissé approcher. Elle l'avait toléré, lui avait permis de s'introduire dans sa petite bulle, avant de se refermer aussitôt de crainte qu'il ne brise ses espoirs. Elle tentait de le chasser avant qu'il ne parte de lui-même. Elle voulait garder le contrôle, pas choisir ses mouvements etc., non mais seulement être sûre qu'on ne la laisserait pas. Elle n'était pas convaincue de lui donc elle ne le laissait pas établir un lien, de peur que justement il ne finisse par partir.

Elle était compliquée à comprendre. Mais en même temps c'était diablement simple de comprendre sa réaction. Qui n'a pas peur d'être abandonné par ses proches ? Qui n'hésitait pas avant d'entamer une relation en se disant intérieurement qu'au fond, l'autre finirait aussi par partir ou trahir ? Pourtant, la plupart des personnes s'en accommodaient. Quand une personne partait, on en trouvait une autre avec laquelle partager une période de sa vie. Quand une autre vous trahissait, vous pleuriez et le regrettiez peut-être, mais après vous alliez de l'avant. Vous pouvez aussi tenter de renouer ce lien qui a été brisé. Hiro était doué pour cela au fond, c'est pour cette raison qu'il réussissait à être populaire à sa manière, parce que même s'il ne passait pas énormément de temps avec quelqu'un, il semblait toujours réussir à faire resurgir ce lien en quelques instants. Evelyn tentait juste une autre solution : s'il était si difficile de garder des liens avec les autres et qu'on risquait d'en souffrir, alors elle n'en voulait pas. C'était désagréable comme pensée.

Plus il y réfléchissait, plus Hiro se disait qu'elle faisait fausse route. On pouvait aimer la solitude, mais tout le monde a besoin de contact. En se coupant totalement du monde, c'est le monde qui allait finir par se couper d'elle. Au final, elle allait juste en pâtir, il le sentait. A lui de réussir à percer sa carapace. A établir un lien et à le maintenir. A lui prouver que tous les liens n'avaient pas à être rompus. Facile à dire, plus difficile à faire... Mais au fond d'elle, Evleyn semble suivre inconsciemment le même raisonnement. Après tout elle répond à sa petite histoire. Elle l'aide un peu. A lui de sauter sur l'occasion.

"C'était gentil de sa part. Malgré tout, je pense qu'il y a toujours un moment où l'on doit prendre son courage à deux mains et oser sauter par soi-même. Sinon on reste sur le bord et on ne sait plus aller de l'avant." Il hésita un instant, avant de continuer. "Ton... ami, il a pris ta place une fois, et c'est pour cela que je ne pense pas qu'il ait tout perdu. Il s'est montré courageux et est allé de l'avant. Bien qu'au fond je ne sache sûrement pas toute l'histoire, je crois qu'il voudrait maintenant que tu n'hésites pas à sauter à ton tour, quand tu te sentiras prête. Et qu'il préférerait te voir sourire un peu !"

Hiro était persuadé qu'il lui manquait une information pour bien comprendre ce qu'elle venait de lui expliquer. Qu'on se soit lancé à sa place pour la protéger était louable. Mais qu'elle en soit si marquée était problématique aussi. Elle ruminait d'avoir été la cause de l'incident, d'avoir poussé quelqu'un d'autre à traverser une épreuve à sa place. Il était persuadé que son ami ne lui en voulait même pas, mais elle le regrettait. Pourquoi elle n'avait pas mis les choses au clair avec lui et pourquoi cela la minait tellement, il ne le savait pas. La clé du problème était là. Il fallait juste qu'il fouille encore un peu. Elle s'était déjà un peu ouverte, il fallait qu'il continue sur cette lancée. Surtout ne pas la presser ou la brusquer, prendre le temps. Plus celui-ci passait, mieux il la comprenait. Et mieux il pourrait tenter de l'aider.

Il se demanda quand même qu'est-ce qui le poussait à en faire autant ? Personne ne lui avait rien demandé. Personne ne se serait même rendu compte qu'il n'aurait rien fait s'il avait remarqué Evelyn et son étrange comportement et n'avait pas agi. Personne sauf lui. Il y aurait peut-être repensé par la suite et regretté de ne pas l'avoir aidée mais ce n'était pas cela qui le motivait. Pas l'envie de bien faire ou quoi que ce soit... C'était juste l'air qu'elle avait. La lueur qui dansait au fond de ses yeux quand elle regardait les groupes s'amuser au loin. Cela, et le fait qu'il avait lui-même ses cicatrices. Les siennes étaient visibles, celles d'Evelyn pas. Mais ils étaient tous deux marqués. Cela déjà les rapprochait.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mer 3 Sep - 16:31


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Je crois bien qu'Hiro à compris certaines choses. J'ignore lesquelles, mais je vois dans son regard une lueur d'intelligence et d'envie. Comme s'il avait des projets, et que tous se préparaient à être réalisés. J'aimerais casser ses rêves tout de suite, le chasser brutalement pour que plus jamais il ne revienne. Mais Hiro n'est pas ce genre de personne. Il risquerait d'accepter de s'éloigner, uniquement grâce à l'intention de revenir plus tard. Et moi, ce que je veux, c'est le voir partir définitivement. Pour ne plus jamais souffrir. Aucun lien n'est assez fort pour perdurer. J'ai souvent entendu que les liens du sang, par exemple, étaient indestructibles. Mensonges et calomnies.

J'aurais donné ma vie pour que ce lien puisse subsister par-dessus tout. J'aurais vendu mon âme pour obtenir une preuve de ces dires. Mais non. Un lien, quel qu'il soit et aussi fort soit-il, n'est toujours qu'éphémère. Jamais une relation ne durera éternellement. Si les personnes ne se séparent pas d'elles-mêmes, la mort prendra les choses en mains tôt ou tard. Il n'est pas possible de créer des liens assez solides pour surmonter toutes les épreuves de la vie. Il y a beaucoup trop d'obstacles dans une existence pour que de simples relations, de simples liens, puissent venir à bout de tous. Je lâche un soupire, la tête toujours posée sur mes genoux eux-mêmes repliés contre ma poitrine, et mon regard se perd de nouveau dans la foule, au loin.

Je l'écoute, j'entends sa voix rassurante, mais je ne suis déjà plus le fil de la conversation. Là-bas, loin, très loin de nous, une chevelure ébène vient de descendre sur la plage. Il est immense, bien plus splendide encore que dans mes souvenirs. Il est de dos à moi, mais je reconnaîtrais les courbes de ses muscles entre toutes. Il est seul, mais sans peur. Il arpente la rive au milieu des autres sans même se soucier de leur présence. Solitaire, majestueux, mystérieux. Aussi sombre que les ténèbres de la nuit, Adam se déplace telle une ombre parmi les ombres, sans jamais se faire voir, sans entrer en contact avec le monde qu'il visite. Mon regard s'écarquille légèrement, je meurs d'envie de le rejoindre. Mais non. Je suis avec Hiro, qui loue le courage de mon frère.

Assise dans le sable, je redresse mon dos pour quitter le couvert de mes genoux. Je tourne la tête vers Hiro, même si tous mes sens sont dirigés vers mon frère au loin. Je sais bien ce que veux Hiro. Mais je n'ai pas besoin de ça. Je n'ai besoin de personne et j'ai toujours vécu seule. Ce n'est pas après dix-neuf années de solitude, que je vais ressentir le besoin d'avoir quelqu'un auprès de moi. Mon regard froid, métallique, s'ancre avec force dans celui du jeune homme à mes côtés. Je le fixe longtemps, la bouche légèrement entrouverte, cherchant mes mots pour qu'il comprenne une bonne fois pour toute ce que j'aurais aimé qu'il voit de ses propres yeux.

- Hiro. Je n'ai besoin d'aucune compagnie, et encore moins qu'on essaye de me dévoiler, pour me sentir bien.

Sans lui laisser le temps de répondre, et sans le quitter des yeux, je bascule sur le côté et me mets à genoux devant lui. Le dos droit, je le fixe durement, sincèrement. J'étends les bras au dessus de ma tête et les paumes tendues vers le ciel, je lui montre tout ce qui nous entoure, lui et moi. Les roches, derrière lui, la mer derrière moi, le sable sous nos corps, le ciel, le soleil et les étoiles qui apparaissent lentement, au-dessus de nous. Je lui montre tout mon univers, et je veille à exclure de ma démonstration le groupe de jeunes et les barils en feux, à quelque distance de nous. Ma voix est douce et légère comme la brise marine. Un frisson parcours mon corps et fait frémir mes épaules et mes bras nus. Je ne le quitte pas des yeux.

- Ceci est mon monde, vois-tu ? Je n'ai besoin de rien d'autre. Que cherches-tu à faire, réellement ?

Après tout, j'estime avoir le droit de savoir. Ses intentions me sont totalement inconnues, et il n'a aucune raison de rester là, tout comme rien ne l'obligeait à s'approcher de moi. Et je veux comprendre pourquoi il a ressenti l'envie de se joindre à ma solitude. Je veux savoir ce qui l'a poussé à approcher d'une parfaite inconnue, alors qu'elle était visiblement satisfaite de son sort. J'étais bien, dans le silence de la plage, loin du monde sans en être totalement exclue. J'étais bien, et j'avais confiance en moi. Jusqu'à ce qu'il arrive, pour ébranler toutes mes certitudes et mettre en danger le peu d'assurance que je possède. Je veux comprendre qui il est, et pourquoi il fait ça.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mar 16 Sep - 23:00

Elle est dure. Sèche, brutale même. Elle s'est ouverte un instant pour mieux se refermer. Elle tente de l'éloigner. La frontière se dresse, le gouffre s'agrandit alors qu'il a trop tardé à saisir l'occasion. Il s'est élancé sur la première opportunité qu'il a vue mais il a raté son but, elle n'a pas réagi cette fois. La conversation s'est éteinte en un souffle. C'est comme si le fait qu'il n'ait pas plus réfléchi à la réponse de la jeune femme avait soufflé le fragile lien qu'il avait tenté d'établir. Peut-être que c'était cela. Ou que sa réponse ne lui avait pas plu et qu'elle s'était aussitôt refermée. C'était agaçant. Il avait eu l'impression qu'il allait pouvoir vite se frayer un passage à travers ses défenses et la cerner mais cela se révélait plus compliqué. Bien plus.
Il aurait dû s'en douter. Mais bon il avait espéré un instant que finalement elle tenterait aussi un peu de s'ouvrir et que tout irait bien. Mais il n'était pas dans un conte pour enfant, tout n'était pas aussi facile, évidemment. Tant pis, il pouvait se montrer opiniâtre et incroyablement têtu. Telle une araignée qui ne cesse de retisser sa toile, il allait retendre ce fragile lien jusqu'à ce qu'il réussisse à l'accrocher définitivement. Cela suffirait pour un début. Cela lui prouverait qu'un lien fort pouvait être noué. Il était persuadé qu'il pouvait le faire, seulement il ne savait pas exactement comment faire.

Il avait eu l'impression de la cerner. Quel idiot, il avait juste gratté la couche de peinture qu'elle dont elle avait revêtu la surface. Mais elle était plus difficile à comprendre. En fait, plus il avait l'impression de suivre ses pensées et de se rendre compte de comment et pourquoi elle agissait ainsi, plus il se rendait compte qu'en fait il avait encore énormément à cerner. Et maintenant, elle attendait une réponse. Elle voulait l'éloigner. Il se rendait toutefois bien compte que s'il acceptait de battre en retraite, elle ne lui laisserait pas d'autre chance. Elle ne ferait que renforcer la muraille qu'elle avait construite entre elle et le monde et refuserait de lui entrouvrir la moindre porte désormais.

"-Menteuse."

Il l'avait dit sans vraiment y penser. Ou plutôt c'était ce qu'il pensait tout bas mais ne comptait pas dire tout haut. Cela n'avait été qu'un soupir, un faible mot vite aspiré par le vent frais qui soufflait sur la côté, mais ils étaient trop proches l'un de l'autre pour que même un soupir lui échappe. Elle avait réagi toutefois. Ses yeux s'étaient durcis. Ils étaient gris métallique et fixés sur lui. Elle avait frémi un instant, avant de le fusiller du regard. Froidement, elle le dévisageait, pour peu, il aurait balayé toute chance d'établir le moindre contact. Il devait s'expliquer. Lui répondre et l'empêcher de se refermer. De le chasser trop vite. De l'éloigner.

"Tu trouves que c'est ton petit monde ? C'est vrai. Tu te l'es construit toute seule après tout... Tout comme j'apprécie le petit monde que j'ai à ma portée. Tu estimes n'avoir besoin d'aucune compagnie ? C'est vrai aussi. Tu es forte, à ta manière. Indépendante c'est certain. Donc tu en as l'envie mais pas le besoin... Il s'interrompit un instant avant de reprendre, fermement. Par contre tu as beau affirmer le contraire, tu as tout de même besoin d'être sociable. A ta manière si tu veux, en restant loin et te contentant d'épier la vie des autres mais tu ne peux t'en empêcher. C'est pour cela que tes yeux pétillent quand tu les regardes. C'est pour cela qu'il y a moins d'une minute j'ai pu entrapercevoir une facette de toi qui mourait d'envie de courir jusque là-bas et que tu as aussi vite étouffé. "

Evidemment, il ne savait pas que ce n'était pas tant vers les autres groupes qu'elle souhaitait aller mais vers son frère. Toutefois, il avait eu le temps de la sentir, cette étincelle qu'elle cherchait à tout prix à faire mourir de peur qu'elle n'allume un véritable feu. Il reprit, lui répondant enfin :

"Tu veux savoir ce que je cherche à faire ? Au départ, je voulais juste tenter de te convaincre de te joindre à nous. Mais maintenant, tout ce que je veux c'est te prouver qu'on peut avoir des liens avec les autres sans devoir forcément les voir s'effilocher et disparaître avec le temps."

Elle ne le croyait pas. Il savait qu'elle n'allait pas être facile à convaincre. Pas avec les mots, il fallait qu'il agisse aussi. Qu'il crée entre eux ce lien trop rare dont il venait de vanter la force. Mais cela n'allait pas être facile. Pas alors qu'elle voulait à tout prix l'éloigner et qu'elle savait maintenant clairement ce qu'il désirait. Elle pourrait aisément réagir. S'assurer que rien ne viendrait s'établir entre eux. Il fallait qu'il comprenne pourquoi elle s'était si soudainement illuminée une fraction de seconde en regardant les groupes. Ce qui l'avait tellement convaincu qu'au fond elle ne croyait pas ce qu'elle disait. C'était sous ses yeux, parmi les groupes qui s'amusaient sur la plage. Mais quoi.... ?


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mer 17 Sep - 12:43


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Je cherche mes mots, les paroles les plus dures que je pourrais lui donner pour le décider enfin à me laisser tranquille avec ma solitude. Ne comprend-t-il pas qu'il ne peut rien pour moi ? Bon sang, qu'ils sont énervants à être plus bornés les uns que les autres ! Ne peuvent-ils écouter ceux qui les entourent, au lieu de se fixer des objectifs et de les poursuivre au détriment des autres ? Quels égoïstes, ces humains ! Jamais ils ne pourront accepter que certaines personnes soient différentes. Lorsque quelqu'un a un handicap physique, au moins, les gens lui foutent la paix ! Dommage que ça ne marche pas aussi pour les handicaps mentaux. Non, les humains préfèrent être curieux et attendre de tout savoir avant de se casser comme des lâches ! La colère monte en moi, je la sens. Alors j'inspire profondément pendant qu'Hiro argumente ses pensées, et je tente de garder mon calme pour encore quelques temps. Je déteste les humains.

Et il me parle d'un regard pétillant quand je regarde les autres. Je ressens une envie violente de le gifler. De quel droit m'observe-t-il de cette manière ? Sous quelle autorisation agit-il ? Et pour assouvir quel besoin ? Oh, je ne le sais que trop bien. Monsieur veut devenir le héros de son aventure. Il aimerait me rendre sociable pour ensuite se vanter de tout ce qu'il aura accompli avec la bête de foire, Evelyn Baylin. Lui non plus, comme tous les autres auparavant, ne comprend pas l'étendue de la connerie qu'il est en train de faire. Lui aussi, refuse de voir que cette montagne-là n'est pas franchissable. Idiot d'être humain. Crétin d'étudiant. Alors qu'il termine enfin son discours pour le moins inutile même s'il ne manquerait pas de sens avec quelqu'un d'autre, je me lève. Je frotte mes vêtements pour en retirer le sable, puis je secoue légèrement mes mains pour les débarrasser des derniers grains. Ensuite seulement, je daigne lancer un regard à Hiro, qui ne tardera probablement pas à se lever à son tour.

- Je ne sais pas ce que tu veux prouver, ni à qui, mais soit. Tu veux faire ta petite BA avec l'asociale ? Amuses-toi. Tu sais quoi ? Puisque môsieur veut partager un temps avec moi, eh bien soit. Fais-le. Mais tu vas me promettre une chose, et c'est la seule condition si tu veux être à mes côtés un moment. Tu ne devra jamais, ô grand jamais me faire la moindre promesse. Et si tu veux partir, pars. Ne ressens à aucun moment la moindre pitié à mon égard. Compris !?

Voilà. Comme les autres avant lui, je vais le laisser jouer son petit jeu jusqu'à ce qu'il soit lassé. Et quand il en aura mare, ou qu'il aura compris que je suis un obstacle insurmontable, il s'en ira de lui-même et je n'entendrais plus jamais parler de lui. Les humains sont trop prévisibles. Mais... Dans mon cas, je ne vais pas m'en plaindre. Au moins, je sais toujours à quoi m'attendre avec eux. Un peu de curiosité, quelques réponses à leurs questions, et il disparaissent aussi vite qu'ils sont arrivés. Je me promets cependant, alors que j'attends sa réponse, d'enfouir au plus profond de moi mes plus noirs secrets. Hors de question que je me fasse avoir. S'il veut s'approcher qu'il le fasse, mais je ne serais pas son jouet. Ni aujourd'hui ni jamais.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Lun 22 Sep - 0:04

Elle lui laisse une chance. Rien qu'une. Mince et fragile. Mais c'est une chance tout de même et il compte bien la saisir. Elle se méprend sur ses intentions. Il ne veut pas jouer avec elle, jouer les petits héros et être fier d'avoir transformé une fille asociale à laquelle personne ne faisait attention en une fille triste de banalité. Il n'a pas envie de faire une BA, de prouver quoi que ce soit. Tout ce qu'il veut, c'est comprendre ce qui l'anime ainsi. A vivre à l'écart, à se délecter du bonheur des autres sans vouloir y prendre part. Qu'est ce qui l'a transformée à ce point ? L'empêche d'oser accorder sa confiance à quiconque de peur d'être trahie, abandonnée et laissée pour compte ? Il ne le sait pas. C'est la clé. S'il apprend pourquoi elle a construit ce mur entre elle et les autres, il pourra le saper et lui permettre de s'ouvrir un peu.

Son but n'est même pas de la rendre sociable. Ou plutôt cela l'était, mais la réalité s'est révélée plus difficile, un sac de nœuds dont il faut réussir à démêler les fils. Il voudrait juste maintenant qu'elle retrouve la foi en l'autre. Qu'elle lui accorde un peu de confiance et accepte de penser que lui ne la laissera pas tomber. Cela va être difficile. Evidemment. Alors il va la pousser à avancer à petits pas dans ce but. A changer, en douceur. Lentement, petite touche par petite touche. Même pas en profondeur, juste qu'elle s'ouvre un peu au monde plutôt que de se fermer à lui.

Il devine ce qu'elle pense. Elle n'a pas confiance. Pas encore. Il va falloir du temps, mais cela il en a à revendre. Il va la coller comme son ombre. Elle pense qu'il va se lasser ? Il va s'obstiner. Elle pensera qu'il est juste têtu ? Il lui prouvera que ce n'est pas juste de l'entêtement mais la simple volonté d'aller jusqu'au bout de ses dires. De créer un lien entre elle et lui. Il n'aura pas de pitié. Il a eu envie au départ d'être condescendant. Il sait maintenant à quel point cela aurait été une mauvaise idée. Elle n'a besoin ni de reproches, ni de pitié, il l'a bien compris. Elle ne veut aucunement être liée, par une dette, promesse ou le moindre lien.

Tant pis pour elle, il respectera les règles mais compte bien ne pas la lâcher d'une semelle jusqu'à ce que d'elle-même elle commence à le voir d'un autre oeil. Alors il pourra agir. Toujours prudemment, en prenant soin de ne pas l'effaroucher ou de ne pas la faire se refermer sur elle-même. Il se contente d'une réponse simple. Brève, qui dit tout ce qu'il a décidé.

"-Compris."


Il se lève à sa suite et ancre son rythme au sien. Elle marche vite, d'un pas décidé. Elle est dure. Au fond, elle lui fait penser à un assemblage de métal, inébranlable, solide et dur. Métallique, incassable, inaccessible et gigantesque. Et lui pauvre fou a décidé de réussir à trouver un point faible dans sa coquille, de faire fondre le métal en espérant trouver quelque chose. Il va essayer au moins. Faire tout son possible pour arriver à son but.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mar 23 Sep - 15:39


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Je ne suis pas consentante à toute cette mascarade. Hiro sait ce qu'il veut, et je le sais mieux encore que lui. Je sais qu'il a l'intention d'agir "en douceur", qu'il pense pouvoir, au fil du temps, se rapprocher de moi. Ce qu'il n'est pas capable de voir, c'est que je ne saurais pas garder mes distances suffisamment longtemps pour sortir indemne de son petit jeu. Il ne peut pas comprendre quand lorsque la partie sera terminée, qu'il refermera la boîte de son nouveau jouet devenu trop vieux pour l'amuser encore, il enfermera avec le passé une partie de moi. Il ne peut comprendre que si j'accepte qu'il vienne à moi pour un temps, je sais également que pour lui je sacrifie une partie de moi-même. Il emportera avec lui cette partie, les souvenirs de notre passé, de notre histoire. Et je repartirai seule, comme toujours, avec seulement la souffrance de son départ et le manque de sa présence. Deux fois. Je n'ai connu cette douleur que deux fois. Cette souffrance abominable de l'être aimé qui disparaît parce que le jeu ne l'intéresse plus. Cette agonie sans nom, ce désespoir total qui ne s'éteint jamais complètement et qui fait désormais partie de moi.

Quand je regarde Hiro, je me dis que peut-être, à force de laisser certaines personnes assouvir leur besoin de jouer avec moi, à force de voir partir ces parcelles de moi-même avec ces personnes, j'arriverais à ne plus ressentir la douleur que l'éprouve. Peut-être qu'à force de souffrir, je cesserais simplement d'avoir mal et qu'un jour, je serais capable de vivre sans penser sans cesse à eux, sans regretter leurs visages, leurs voix ou leur peau contre la mienne. Je me souviens encore des baisers volés que ce garçon m'offrait, il n'y a pas si longtemps. Je me souviens de ses lèvres contre ma joue, de la timidité dans son regard, de ses mains cachant son visage quand il était intimidé. Dans ma tête, je souris à ces souvenirs. Il me manque, comme le premier avant lui, et comme Hiro dans si peu de temps me manquera. Je vais laisser le temps s'écouler, je vais laisser Hiro s'amuser. Quand il aura fini, il partira simplement. Je ralentit l'allure, cette perspective de résignation me rassure et m'apaise. Je m'arrête, et je tourne mon visage vers l'étudiant qui me suit un peu en arrière. Ma voix s'adoucit, mais ne perd pas cette note de détermination farouche qui me définie.

- Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Ne me demandes pas d'aller les voir.

Je montre d'un regard les étudiants de notre pensionnat, qui s'amusent au loin. Non, je ne veux pas aller là-bas. Adam est parmi eux, et j'ai encore trop peur de notre rencontre prochaine. J'attendrais la fin des vacances, j'attendrais d'être de retour au pensionnat avant d'essayer de le revoir. J'ai trop peur qu'il prenne la fuite, et qu'il décide de ne jamais rentrer à l'internat s'il me revoyait ici. Oui, j'ai trop peur pour agir maintenant. Je regarde de nouveau Hiro. Il n'est pas beaucoup plus grand que moi, mais son visage est attirant. Il est beau, ou du moins il l'est à mes yeux. Même si ses intentions me détruiront, je ne me mentirais pas à moi-même. S'il sera mon bourreau pendant un temps, ça ne l'empêche pas d'être beau.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mar 30 Sep - 0:29

Hiro avait pensé un instant qu'ils allaient se diriger vers les feux et les groupes établis sur la plage... C'était idiot bien sûr. Evelyn ne participait pas aux groupes, elle les regardait. C'est juste que la façon dont elle les avait épiés juste avant de se lever avait semé un doute dans son esprit. Il y avait quelque chose parmi les élèves qui trainaient sur la plage qui avait attiré son attention. Il s'en inquiéterait plus tard. Il avait le temps de creuser de ce côté là, pour l'instant il devait consacrer son attention à sa compagne, et accessoirement proposer une activité. Vu que rejoindre les autres élèves est impossible, il se tourne vers la demoiselle et lui propose :

"-Partir dans l'autre sens ça te va ?"

Bref il avait eu l'incroyable idée d'une courte balade au bord de la mer, juste après le coucher du soleil. C'était encore fort sympathique, surtout vu le cadre mais il espérait qu'elle ne penserait pas qu'il tentait en plus de flirter... L'image qu'elle se faisait de lui semblait déjà être celle d'un gars superficiel se contentant d'être le centre de l'attention et de faire ses BA afin d'épater la galerie. Autant dire qu'il aurait aimé redorer un peu son blason. Cela viendrait, quand elle comprendrait qu'il était sincère en disant vouloir créer un lien avec elle. Un qui dure...

Il avait une étrange impression. Evelyn le regardait mais ce n'était pas vraiment cela, il y avait autre chose. Un léger malaise. Il mit quelques instants avant de comprendre ce qui le troublait dans le regard de la jeune femme. Elle ne s'était pas arrêtée à ses brulures, du moins pas plus d'un instant. Elle le regardait, détaillait son visage en silence alors qu'une autre personne serait sûrement encore en train d'examiner ses cicatrices. Elle était vraiment particulière mais qu'il se soit rendu compte qu'elle était immédiatement allée plus loin que ses marques lui plaisait. Beaucoup.

Il se tait, attendant sa réponse. En même temps, il la détaille d'un jour nouveau. S'il a mis si longtemps avant de se rendre compte qu'elle ne regardait pas ses cicatrices mais lui directement, qu'est ce qu'il avait pu rater d'autre ? Pas mal de choses surement. Il en avait remarqué beaucoup, il avait commencé à comprendre comment elle pensait. Qu'est ce qui la motivait à poser une frontière entre elle et les autres mais au fond elle était encore une parfaite inconnue sur bien des points. Tant mieux, ce ne serait que plus intéressant de les découvrir un à un tant qu'ils seraient côte à côte. Il se rend compte maintenant qu'elle est debout qu'elle est aussi grande que lui. Comme il l'a toujours observée de loin, il aurait cru qu'elle aurait été plus grande. Une impression donnée probablement avant tout par son regard gris métallique froid qui semblait la rendre distante, presque hautaine. Qui la mettait à l'écart et au-dessus des simples élèves qui la côtoyaient. Se rendre compte qu'elle était juste un peu plus petite était étrangement amusant. Il ne savait pas trop expliquer pourquoi mais c'est ce qu'il ressentait : de l'amusement. Bon la soirée commençait, autant en profiter. Même si le soleil s'était couché depuis plusieurs minutes déjà et qu'ils ne pourraient marcher longtemps avant de devoir rentrer, faute de lumière.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mar 30 Sep - 9:00


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Hiro se retourne vers moi et me répond, d'une voix sereine et tranquille. Comme s'il n'avait jamais eu l'intention de rejoindre le monde. Comme si, au final, il n'y avait que moi à ses yeux. Au moins pour ce soir. Ne te laisse pas berner, Evy. N'oublie pas ce garçon, qui t'as emmené plusieurs fois dans des endroits magnifiques en te promettant la Lune et une amitié immortelle. Où est-il à présent ? Hein, Evy ? Il est parti. Comme tous les autres, comme Hiro le suivra. N'oublie jamais. Il semble sincère, je le vois. Je pourrais le croire. Mais je connais la suite incontournable de l'histoire. Quand il verra une parcelle, même infime, du côté immergé de l'Iceberg, il fuira en courant. Il rejoindra au plus vite la foule pour se protéger de moi, et je ne serais pas en mesure de le suivre. D'ailleurs même s'il ne rejoignait pas la foule, je ne resterais pas derrière lui. Je sais quand le moment vient de partir, et je ne rate jamais l'occasion qu'on me donne de filer en douce. Il n'a pas besoin de moi, tout comme je me refuse à avoir besoin de qui que ce soit dans ce foutu monde égoïste.

Puisqu'il part dans l'autre sens je le suis, en silence, me contentant de graver parmi les souvenirs de notre aventure le visage du garçon. Lui non plus il ne faudra pas que je l'oublie. Même s'il emportera notre histoire, il fera partie de mon passé et je sais à quel point le passé est important pour une personne. Quand mon frère à perdu toute sa vie dans cet accident, qu'il a préféré donner son existence pour qu'il ne m'arrive rien, je n'ai pas tout de suite compris l'étendue de son sacrifice. Ce n'est que bien plus tard, quand je l'ai vu aussi perdu et aussi seul, que j'ai réalisé à quel point notre passé peut déterminer notre avenir. Avant de sombrer dans le coma, Adam était probablement la garçon le plus sage, le plus courageux et le plus respecté que je connaissais. Aujourd'hui il n'est plus qu'un jeune homme complètement perdu, dépassé par une vie qu'il ne contrôle ni ne comprend à sa juste valeur. Il semble avoir peur de tout, et à tel point qu'il est forgé une personnalité brutale et agressive alors qu'il n'était pas mauvais, autrefois.

Je soupire une seconde. Le sable sous mes pieds se refroidit déjà, le soleil s'en est définitivement allé. J'aime cette sensation, à la fois chaude et protectrice qui enveloppe mes pieds. J'aime à m'imaginer que dans peu de temps, quand Hiro m'aura fait croire à ses paroles, je me sentirais heureuse et optimiste. Je croirais, pendant un temps, à un avenir meilleur. Avant bien sûr, que tout ne revienne et qu'il commence à prendre ses distances. Avant que je ne le force à s'éloigner lentement pour finalement ne pas revenir. Je m'approche d'Hiro. Malgré moi, la façon qu'il a de vouloir se rapprocher de moi me fait du bien. J'aime croire à un avenir meilleur, j'aime espérer qu'un jour quelqu'un sera suffisamment fort pour rester à mes côtés. Ca n'est jamais arrivé, mais je n'ai que dix-neuf ans, d'une certaine manière. Rien n'est joué d'avance, n'est-ce pas ? J'aurais le droit d'espérer et de souffrir, jusqu'à ce que mort s'en suivre, je présume.

- Qu'est-ce que tu aime, chez les humains ?

Curiosité. J'estime avoir le droit, puisque je m'apprête à lui donner une partie de moi. Pour moi, rien ne vaut un autre animal que l'être humain. Le bipède est vil et cruel. Il est égoïste et instable. Violent, tyrannique. Rien n'est plus méprisable que l'espèce humaine dans tout ce qu'elle est et représente. Je déteste les humains, tout autant que j'ai pu aimer et idolâtrer mon propre frère. Lui seul valait le coup à mes yeux. Il avait des idéaux, des principes. Il était loyal, honnête et courageux. Il était le meilleur d'entre eux.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Mer 1 Oct - 1:06

Il fait un premier pas. Elle le suit. Un autre, elle continue. Leur balade à commencé. Pendant un moment, il l'observe à la dérobée. Elle est silencieuse, perdue dans ses pensées. Ses sourcils sont légèrement froncé, ridant à peine son front mais lui donnant une mine soucieuse et songeuse. La mine de quelqu'un qui s'est déjà beaucoup tracassé et qui se questionne sur mille et un sujets. Tous ne sont pas très gais. Cela se devine. Mais le plus important est ce qu'elle pense actuellement. Il sent qu'elle s'apprête à lui demander quelque chose. A lui poser une question à son tour, alors il attend, en silence qu'elle parle. Qu'elle assemble les mots formant la question qui trotte dans son esprit.

Quand elle la lui pose, il s'arrête, un instant et la regarde. Elle l'a déconcerté. Encore. La question est bizarre. Non pas bizarre. Déconcertante, dérangeante. Pas commune. Evidemment. Il sent que c'est important. Il se remet à marcher, focalisant son pas sur le sien et réfléchit quelques instants avant de lui déclarer :

"-Je ne sais pas trop..." ou plutôt, il ne savait pas exactement comment le dire. Il se tait. Evelyn à ses côtés n'ajoute rien. Elle comprend elle aussi qu'il réfléchit. Hiro avance. Un pas. Un autre. Il est perdu dans ses pensées à son tour. Il songe sa question. Il tente lui aussi de formuler ce qu'il ressent. Ce n'est pas parfait, mais il tente de s'expliquer.

"-Les "humains" sont... bizarres. Certains sont cruels, égoïstes et n'hésitent pas à piétiner leurs voisins pour une meilleure place au soleil ou simplement par plaisir. Mais ce que j'aime chez eux c'est que alors qu'on pourrait penser qu'ils se ressemblent tous. Qu'ils sont tous pareils au fond, on se rend compte que chacun est unique. Que chacun a encore un potentiel incroyable. Et certains l'exploitent, ce potentiel. Ils rachètent les autres. Sans faire de grandes choses mais ils redonnent espoir que peut-être il y aurait moyen pour tout le monde d'être heureux. Ils influencent la vie des autres sans vraiment s'en rendre compte. Simplement par une parole prononcée un soir ou un sourire dans la rue. De petites choses qui illuminent leurs voisins plutôt que de les enfoncer."

Il sent que son explication est gauche. Elle n'exprime pas tout ce qu'il ressent mais l'essentiel est là : l'humain a un potentiel énorme. Il peut à la fois créer et détruire. Mais c'est parce que certains réussissent à montrer que ce potentiel peut être bien utilisé qui lui fait aimer les "humains". Parce que quoi qu'il arrive, certains trouveront toujours la force de sourire et de redonner l'espoir aux autres. Hiro était au fond un idéaliste. Un gars persuadé qu'au fond de tout le monde il y a une part gentille qui ne demande qu'à s'exprimer pourvu qu'on lui en donne la possibilité. Maintenant qu'il s'est expliqué, il se sent rougir légèrement. Il baisse le regard et continue de marcher. Un pas. Un autre. Ils se sont rapprochés de l'eau et les faibles vagues viennent presque lécher ses pieds nus.

Ils se sont déjà pas mal éloignés. Ils marchent d'un bon pas, bien que le sable ralentisse fort leur vitesse. Derrière eux les feux de camps ne sont que de petites lueurs sur lesquelles se détachent des ombres chinoises quand un élève passe entre eux et la source lumineuse. C'est joli. Mais le plus beau est devant eux : un paysage vide, presque noir. A leur gauche la mer, à droite la plage et plus loin l'intérieur de l'île. Pas d'habitations dont les lumières viendraient gâcher le tableau de ce côté-ci, ils longent les cabanons encore éteints. Et devant : une bande de sable blanc qui s'étend devant eux jusqu'à l'horizon et qui ressemble à un magnifique chemin. Le ciel se découpe en des tons de bleus et de noirs et semble venir colorer peu à peu le sable. Conquérant mètre après mètre la blancheur des grains pour les rendre sombres. La nuit s'installe. Hiro sent qu'il sourit devant le spectacle. Oui c'est un beau tableau.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Ven 3 Oct - 13:34


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L'optimisme. Voilà l'histoire qu'il me raconte. Là où j'ai perdu l'espoir, où j'ai arrêté de croire en le meilleur, Hiro s'est accroché à un idéalisme, à une idée frivole. Il veut rester persuadé que le monde pourra toujours aller mieux. Il refuse de voir tout ce qui s'écroule, le sol sous ses pieds qui s'écarte pour former les crevasses d'un monde en ruine. Je suis parmi les personnes qui précipitent le monde dans les abysses, de celles qui veulent en finir au plus vite. Lui, au contraire, est de ces gens qui espèrent encore, et qui gardent en tête le rêve d'un monde plus beau et plus juste. Il porte en lui l'espoir que j'ai regardé s'éloigner pas dépit. Et c'est là que je comprends. Lui, ce qu'il veut, c'est que j'aille bien. Il veut que tout le monde aille bien, et il a besoin de ça pour vivre. C'est tout ce qu'il souhaite. Hors, depuis le début, je ne pense qu'à moi. Je me sais malheureuse et condamnée à vivre avec ma peine et ma douleur. Mais à aucun moment je n'ai réfléchis à ce que lui, aimerait. Je n'ai pensé qu'à lui en vouloir d'être venu à moi. Je n'ai laissé que ma peur guider mes pensées et mes mots. Mais ce n'est pas ce qu'il veut. Il n'est pas là pour faire taire ma souffrance. Il est là pour faire naître une bougie dans les ténèbres de ma tête. Je réalise bien tard que depuis tout ce temps, je le fixe, la bouche légèrement entrouverte. Oui, Hiro, j'ai compris ce dont tu as besoin. Quand il se remet en marche, je lui souris. Oh, ce n'est pas sincère, parce que je ne saurais être heureuse avec honnêteté. Mais je suis une bonne comédienne. J'ai appris à mimer leurs expressions. Je lui souris, je passe mon index sur mes cheveux pour les coincer derrière mon oreille. Je suis prête à me donner à lui. Le temps dont il aura besoin. Je marche à reculons, je n'ai de cesse de le regarder. Il est beau. Et gentil. Il mérite ce que je veux lui donner. Je le sens.

Derrière Hiro, je perçois encore les formes désormais indistinctes des élèves de notre pensionnat. J'entends vaguement les échos de leurs voix, mais nous ne sommes plus assez proches pour que je comprenne ce qu'ils disent, ou crient. Je recule un peu plus vite, et je me retrouve les pieds dans l'eau froide. Je lâche un soupire surpris, je serre légèrement les dents. C'est vraiment glacé ! Je lance un regard qui semble amusé, à Hiro. Et avant qu'il n'ait le temps de douter de mes intentions, je lance mon pied en avant, l'éclaboussant de quelques gouttes salées. Je souris, de la même manière que la première fois, et je me penche en avant pour mouiller mes mains. Il a seulement besoin de me voir vivre. Et je veux lui donner ce qu'il désire. Je m'éloigne ensuite de l'écume en trottinant, pour ne pas me faire prendre à mon propre piège, et je regarde Hiro avec une incérité égoïste, fausse, mensongère.

- Tu as raison. Ils pourraient tous s'arranger.

Je ne réalise qu'après l'avoir dit, que je pense davantage ces mots que je n'oserais l'admettre. Oui, ils pourraient s'arranger. Ils pourraient être bons, être utiles à leur propre monde. Devenir les protecteurs de leur propre univers. Ils pourraient, s'ils n'étaient pas aussi cupides et égoïstes. s'ils n'étaient pas si mauvais.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Sam 4 Oct - 23:41

Evelyn semble songeuse après son petit discours. Elle ne dit rien mais il voit bien qu’elle réfléchit intensément. Quelque chose l’a touchée, ou au moins faite réagir. Il s’attend à devoir expliquer quelque chose, à défendre son point de vue ou préciser un détail. Voire même à répondre à une autre question mais non. Pas besoin. Elle semble en avoir assez entendu pour se faire une opinion sur la vision qu’il en a.  Elle se remet en route d’un bon pas, passant juste devant lui avant de se retourner et de le regarder. Elle sourit ! Un joli petit sourire. Elle sourit enfin ! Ce petit geste anodin qu’elle a en glissant une mèche de cheveu, associé à ce tableau qu’il attendait tant est… mignon. Elle est belle, c’est sûr. Mais jusqu’à présent c’était une beauté froide. Elle était une reine des glaces, triomphante, inatteignable mais sublime à regarder. Avec ce petit sourire, la glace semble fondre, ne faisant que la rendre plus jolie encore. Détournant un instant le regard, Hiro sent qu’il a rougi. Il la regarde à nouveau quand il s’est repris. A peine a-t’il le temps de se rendre compte qu’elle a les pieds dans l’eau qu’il reçoit une volée de gouttelettes. Il s’esclaffe, s’apprêtant à la poursuivre pour lui faire subir le même sort mais elle s’est déjà éloignée. Elle semble plus détendue, plus souriante depuis qu’ils se sont éloignés et qu’il a répondu franchement à sa question. Elle lui donne une chance de la suivre, et maintenant elle semble s’ouvrir un peu. Il est heureux. Il aime la voir ainsi, vivante, active et non plus en train de se contenter de contempler les autres vivres dans son coin sans oser y prendre part. Il y a encore un léger malaise. Il sent qu’elle n’est pas encore totalement dans le moment présent. Il y a toujours une lueur dans son regard prouvant que même si elle s’amuse un peu maintenant avec lui, elle n’est pas totalement sincère. Qu’importe.  C’est déjà un grand pas en avant. Il va la pousser à lui faire confiance, de plus en plus jusqu’à ce qu’elle le croie vraiment et ose s’ouvrir sans ressentir le besoin de cacher quoi que ce soit. Cela risque de prendre du temps mais il s’en moque. Et pour l’instant il a bien l’intention de profiter aussi de la soirée comme elle s’est égayée.

Elle est un peu trop loin pour tenter de l’éclabousser. Il faudrait qu’elle se rapproche. L’eau est trop froide pour qu’il plonge totalement dedans et tente de s’approcher discrètement en apnée donc il retourne sur la plage et la prend de vitesse. Elle a bien compris mais elle le regarde avec un sourire en coin. Tout en elle le défie de s’approcher. Pour qu’il puisse la mouiller, encore faut-il être prêt à recevoir sa part d’éclaboussures. Et il l’est. Il fonce vers elle, l’éclaboussant sans vergogne en riant légèrement. Il prend garde à ne pas glisser, ni à trop la mouiller. Il fait de plus en plus frais et il ne tient pas à ce qu’ils attrapent un rhume ou une quelconque maladie en jouant comme des gamins dans l’eau. Leur comportement était assez enfantin, mais c’était plaisant. Plaisant de la sentir s’ouvrir un peu. De la voir sourire, même si ce n’était pas totalement sincère. De la voir s’activer. Quand il estime être assez mouillé, il lève les bras en une vaine tentative de protection et s’exclame d’un ton amusé :

« -Assez, assez ! Je me rends. »

Vae victis. Il est prêt à payer pour sa reddition. Elle en serait capable en tout cas, en lui donnant un gage, ou par une quelconque demande. Elle était intelligente, elle allait sentir qu'il était prêt à assumer sa défaite. Et lui suivrait sans discuter. Amusé, content de l'égayer.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Lun 6 Oct - 17:11


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Hiro se prend à mon jeu. Il me court après, et je réalise que c’est la première fois de ma vie. Une sensation étrange naît en moi. L’angoisse. Je sais que ce n’est qu’un jeu, mais être poursuivie me fait peur. Je lâche un rire angoissé et je m’arrête subitement. Dans une meute de loups, quand le jeu va trop loin et que la cible s’arrête, tout le monde cesse de courir et l’amusement s’interrompt. Je tente le tout pour le tout, même si j’ignore ce qui se passe dans la tête d’Hiro. Nous ne sommes pas tous des loups, après tout. Cependant, dès qu’il s’arrête, je cours sur lui. Je suis une prédatrice, le jeu me plait mieux dans ce sens. Nous nous éclaboussons et nous en donnons à cœur joie. Jouer un rôle est épuisant, mais dans ces circonstances, le rôle qu’Hiro m’a demandé de jouer, est plus simple et moins fatiguant que de jouer ma propre vie, mon propre scénario. J’accepte d’oublier mon existence pour un temps. Le temps que lui se sente bien, et qu’il reparte d’où il est arrivé. Je me promets d’être prête à le voir partir à tout moment. Je me promets de ne pas m’attacher. Même si je sais, au fond, que c’est déjà fait… Le jeune homme se rend finalement, levant les mains devant lui pour montre monter qu’il dépose les armes. J’ai une envie subite de jouer au même jeu que les autres. Ces filles, décontractées, qui sautent dans les bras de tous les garçons qu’elles croisent. Ces garçons, extravertis, qui serrent contre eux n’importe quelle fille. Je me prends à espérer un jour, goûter à la chaleur du corps d’Hiro autour du mien. Rêve futile, rêve stupide. Je me reprends, je souris timidement et je me rapproche de lui lentement, le jeu est déjà terminé. Mais il fait froid, ne n’aurions pu continuer à nous amuser dans l’eau toute la nuit. Il sera bientôt l’heure de rentrer aux bungalows pour entamer une nouvelle journée demain. Quand je ne suis plus qu’à quelques pas de lui, je m’arrête. Je me tourne, de profil par rapport à lui, et j’observe au loin tous ces adolescents. Parmi eux, des amis d’Hiro.

- Ils ne tarderont plus à te chercher partout.

Malgré moi, ma voix laisse apparaître une trace de mélancolie. Oh, il ne la ressentira probablement pas. D’ici quelques minutes, probablement, il rejoindra les autres. Ses amis l’attendent là-bas, je le sais. Ils sont si nombreux à lui tourner autour, à le suivre partout où il va, c’est impossible que son absence passe inaperçu. A moins bien sûr, que certaines bouteilles tournent plus que prévu et que des substances les aient rejoint au cours de la soirée. J’ignore depuis combien de temps je suis avec Hiro. Longtemps, parce qu’il fait nuit alors que le soleil était encore là quand il est venu à moi. Bon sang… Je viens de jouer avec un inconnu. Je viens tout juste de courir partout, comme ces filles populaires au loin, l’ont toujours fait avec leurs amis. Je suis étonnée, maintenant que je réalise ce que j’ai fait. Machinalement, je cherche Adam dans la foule. Et j’ai peur. Il a déjà consommé différentes drogues. Je prie pour qu’il n’ait pas profité de mon moment d’inattention pour se laisser tenter par un truc tournant dans le cercle de feu… Adam est fragile, même s’il a l’air du total contraire. Je suis inquiète. Je le cherche mais ne le trouve pas, j’ignore où il s’est caché, mais ça ne me présage rien de bon. Il faut que je le retrouve rapidement, avant qu’il ne soit trop tard. Je lance un regard à Hiro, cherchant un raison qui pourrait nous pousser à nous rapprocher davantage du groupe. Je ne suis pas sociable, et je n’aime pas ces gens. Mais j’ai un besoin viscéral de rejoindre le groupe pour retrouver mon frère. Comment le faire comprendre à Hiro alors qu’il a bien compris que je ne supporte pas la proximité de mes semblables ? Il ne comprendra pas, à moins que je lui dise qui je cherche.

- Tu devrais les rejoindre, ils vont t’attendre.

Je cherche désespérément une excuse. Il faut que je sois à nouveau seule pour chercher tranquillement la trace de mon frère. Je fixe les lueurs des feux de barils. Où est-il ? Oh ! Bon sang ! Je le vois qui s’écarte d’un groupe de jeune. Il marche d’un pas lent, assuré, mystérieux. Il n’a rien. Je lâche sans m’en rendre compte un long soupir de soulagement. Il n’a rien. Ce que j’ai eu peur, bon sang… Adam s’éloigne de la plage, je crois qu’il a décidé de rentrer se coucher. Je tourne mon regard argenté vers Hiro, à lui de rejoindre sa place, maintenant. Et je recouvrerais la mienne aussitôt après son départ, en marge de la société qui n’est pas la mienne.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Ven 10 Oct - 1:19

Elle aime avoir les cartes en main, maîtriser la partie qui se déroule. Si elle perd le contrôle, elle se crispe, s'attend au pire. Il l'a senti. Un instant durant lequel elle a hésité, un peu angoissée avant de choisir de reprendre la tête et l'initiative pour garde la maîtrise du petit monde qui l'entourait. Cela ne dérangeait pas Hiro. Elle avait accepté qu'il la suive. Alors il suivrait. Il n'avait ni l'envie ni l'intention de lui dire quoi faire. Il pouvait lui proposer quoi faire, répondre à ses questions ou lui en poser. Mais il ne lui imposerait rien. C'était l'une des conditions tacites qui lui permettait de rester. Se plier à cette règle n'est pas très difficile. Hiro n'avait pas de grandes convictions selon lesquelles il se devait de sauver la princesse et celle-ci pouvait ensuite rester s'occuper de la cuisine et des enfants. Il n'avait pas vraiment une âme de leader ou quoi que ce soit de ce type. Il voulait juste que les gens passent un bon moment, profitent de l'instant présent et s'ouvrent au monde qui les entourait pour faire de leur mieux. C'est peut-être ce qui les attirait tant chez lui et qui lui permettait de créer de liens de sympathie qui persistaient malgré un long éloignement ou le temps. Parce qu'il était un idéaliste qui s'efforçait de voir le potentiel et qu'il se montrait ouvert et tolérant.

Au fond, que ce soi pour cela ou simplement parce qu'il avait une bonne tête ou toute autre raison, il s'en fichait pas mal. Tant qu'Evelyn profitait de la soirée il serait vraiment content ! C'était son but pour ce soir. Après il tenterait peut-être de la pousser à s'ouvrir plus mais il prendrait le temps. Lorsqu'il se rend, elle se rapproche de lui silencieusement. En le regardant avec une lueur nouvelle dans les yeux. C'est... étrange. Et attirant. Ce n'est plus la lueur froide qu'elle avait tantôt et il en est heureux. Elle semble déjà un peu adoucie. Elle le tolère à ses côtés, à lui de faire en sorte de mériter d'y rester. Il fait froid maintenant. Trempés comme ils sont, ils ne pourront plus rester très longtemps ici s'ils ne veulent pas risquer de passer la fin des vacances à l'infirmerie. Alors qu'il allait proposer à Evelyn de rentrer avec lui, qu'il puisse continuer à parler un peu de sujets anodins avec elle jusqu'aux bungalows, il remarque qu'elle regarde les feux. Elle fait une remarque, avant de lui conseiller de les rejoindre. Il ne comprend pas. N'a t'elle pas senti qu'il voulait rester avec elle ce soir ? Elle le met à l'épreuve maintenant qu'elle s'est un peu détendue ? Voir si cela lui suffit ? Tandis qu'elle continue de scruter les ombres des élèves qui se détachent, il lui répond :

"-J'avais passé le mot que je ne les rejoindrai probablement pas ce soir. Ils ne me chercheront pas. Et puis..."

Il a envie de lui dire qu'il a envie de passer plus de temps avec elle. De la convaincre que ce n'est pas une envie passagère de la sociabiliser ou quoi que ce soit. Que la voir rire lui a réchauffé le coeur et qu'il avait juste envie de sourire en la voyant l'éclabousser gaiement. Même si il avait senti qu'elle jouait en partie la comédie au départ, elle avait tout de même ri de bon coeur ce qui prouvait qu'une part d'elle avait apprécié. Au fond elle est fort différente de toutes les filles qu'il a rencontrée. Plus indépendante, plus froide et plus distante. Mais belle à sa façon, d'une attraction intrigante et mystérieuse. Agréable dès qu'on tentait de la connaître et qu'on passait ses abords froids. Elle l'a changé elle aussi. Il n'est plus motivé uniquement par l'envie de la voir s'ouvrir, mais aussi celle de simplement passer du temps avec elle parce qu'il apprécie ces moments partagés. Mais comment lui avouer tout cela sans s'embrouiller ou risquer qu'elle se méprenne et prenne peur ? Elle l'intéresse, au départ parce qu'elle était à l'écart, différente. Maintenant parce qu'il se rend compte à quel point elle peut être belle et charmante.

Alors qu'il s'apprête à tenter de clarifier ses pensées, préférant être honnête plutôt que de risquer des non-dits, elle soupire. Un grand soupir de soulagement. Quel idiot. Il n'a pas été foutu de comprendre qu'il y avait autre chose. Evidemment pourtant. Il avait senti que quelqu'un ou quelque chose attirait son attention depuis le début de manière récurrente, là-bas près des feux. Cela avait dû l'inquiéter à un moment. Alors elle l'avait encouragé à y retourner pour qu'elle puisse se remettre à épier de loin les groupes.

"-Désolé, je suis un idiot."

Il grimace, et avant qu'elle n'ait le temps d'ajouter un mot, il retourne à pas vifs là où il s'était assis près d'elle plus tôt, une vingtaine de mètres plus loin. Il ramasse un essuie avant de retourner près d'elle. Il refuse de repartir plus loin. Pas maintenant. Il ne lui donnera pas l'impression qu'il l'abandonne déjà après toutes les belles paroles qu'il a prononcée. Il lui tend le morceau de tissu-éponge en disant :

"-Tiens, je suis presque sec mais avec tes cheveux en partie mouillés, je ne voudrais pas que tu attrapes froid. Et puis, il commence à se faire tard. Donc même si j'y retournais je partirais d'ici quelques minutes, je préfère nettement les passer avec toi."

C'était vrai. Il aurait pu rejoindre le groupe mais le temps de s'intégrer dans les conversations en cours, il en serait déjà fatigué et rentrerait. Il avait au contraire bien plus envie de discuter avec elle. De passer du temps avec elle. Mais en même temps il ne voulait ni la brusquer, ni l'ennuyer. Peut-être qu'elle avait toujours envie d'épier les groupes pour retrouver ce qu'elle cherchait du regard. Bien qu'elle ait soupiré, c'était possible...


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Ven 17 Oct - 13:45


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Toute cette obscurité est rassurante. A cette heure de la nuit, je pourrais me trouver n'importe où et personne ne me verrait. J'aurais peut-être même pu me joindre aux groupes sans être repérée, et me tenir plus proche d'Adam que je ne l'aurais jamais été en trois ans d'existence, depuis l'accident. La musique bat son plein, là-bas. Pour la plupart des étudiants, la soirée ne fait que commencer, tout comme le voyage scolaire. Nous avons eu droit à une destination de rêves, il faut l'admettre. Les Bahamas, fut un temps j'aurais rêvé de m'y rendre avec Adam. Je laisse les reflets des feux de barils briller dans mon regard argenté pendant de longues secondes. J'observe Adam qui s'éloigne, je vois sa silhouette disparaître lentement dans la noirceur de la nuit, ses mains obstinément rangées dans ses poches où elles ont toujours eu leur place, même durant notre enfance. Quand il n'est plus qu'une ombre que je ne peux plus distinguer dans la pénombre, je tourne mes yeux argentés vers les barils en feu. Les silhouettes de tous ces étudiants embrasent mon regard. Si plusieurs groupes on rapetissé en s'asseyant dans le sable pour discuter, il reste encore quelques jeunes qui  sautent et dansent autour des flammes en calquant tant bien que mal leurs pas sur le rythme effréné de la musique.

- Désolé, je suis un idiot.

Un idiot ? Pourquoi dit-il une chose pareille ? J'écarquille les yeux tandis qu'il s'éloigne en courant. Deux mètres, cinq mètres, dix mètres. J'ai bien l'impression qu'il a décidé de rejoindre les autres sans plus perdre son temps à mes côtés. Je reste interdite une infime seconde, mon battant manquant un battement sous l'effet de surprise. Je savais qu'il repartirait, mais je ne m'attendait pas à ce qu'il le fasse aussi brusquement, sans me laisser la moindre explication. Même une pitoyable excuse bidon m'aurait suffit. Mais alors que je regarde sa silhouette élancée rejoindre la troupe de joyeux lurons, il se stoppe, se baisse et ramasse quelque chose dans le sable. Au lieu de courir vers ses amis, ses véritables proches, il revient vers moi tout aussi vite et me tend la serviette de plage qu'il a dû ramasser plus loin, là où on s'était assis. Oui, c'est vrai qu'il n'était pas venu s'asseoir les mains vides. Dans l'excitation du jeu, je ne m'étais même pas rendu compte qu'on s'était éloignés sans qu'il prenne le temps de ramasser ses affaires. Je tends timidement les mains pour attraper le tissu, et je le passe lentement autour de mes épaules. Un frisson me parcourt, je suis surprise qu'il soit toujours là. Son départ était brusque, mais je m'étais tellement attendue à le voir repartir aussi vite qu'il était arrivé, que de le voir là me surprend davantage. Je le regarde intensément un long moment, puis je m'approche de lui timidement et je passe la serviette autour de ses épaules sans en quitter le couvert. Partager, c'est ce qu'il a fait pour moi. Alors je ne vois pas pourquoi je profiterais seule de la chaleur de sa serviette. Ainsi côte à côte sous le même tissu, je réalise que je n'ai jamais été aussi proche d'un autre humain que mon frère. Je réprime un frisson d'angoisse.

- Merci, mais je ne veux pas que tu attrape froid juste pour m'épargner un rhume. Tu viens ?

Je commence à marcher sans attendre sa réponse, l'obligeant à suivre puisqu'il est prisonnier de la même serviette que moi. Rentrer au bungalow, prendre un bon bain chaud, porter mon shorty gris et mon t-shirt turquoise, puis me laisser aller sur mon lit, dans les draps propres sentant encore la lessive, voilà tout ce dont j'ai envie. Mais avant ça, je ressens un certain besoin d'être là, à ses côtés, pour lui parler et l'écouter, même si je sais qu'il risque fort de parler beaucoup plus que je n'en serais capable. Je regarde obstinément le sable à nos pieds, je n'ose pas relever la tête vers lui parce que nous sommes trop proches, j'aurais peur que quelque chose déraille.

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Dernière édition par Evelyn Baylin le Jeu 23 Oct - 2:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Dim 19 Oct - 23:39

Elle le regarde. Encore. Et l'air qui brille au fond de ses yeux a encore changé. Il l'avait d'abord trouvé froid. Puis il l'avait vu s'adoucir. Maintenant il hésite entre surprise et soulagement. Est-ce qu'elle est heureuse qu'il ne soit pas reparti ? Bien que pendant un instant il en ait eu l'air ? Il n'a pas envie de demander. Voir cette lueur lui suffit. La serviette vient entourer ses épaules. Il est assez long, de quoi s'assurer que ses cheveux ne gouttent pas dans son dos et ne lui fassent pas attraper froid. Mais plutôt que d'en profiter, elle le surprend. Encore. Il se retrouve soudainement prisonnier de cette douce étreinte. Plus proche d'elle qu'il ne l'a été de toute la soirée. Rapprochés et séparés uniquement par une simple bande de tissu. Uniquement quelques centimètres. Hiro est déconcerté. Il ne s'y attendait pas. Mais cela lui fait plaisir.

Il adapte son rythme au sien. Le chemin menant aux bungalows est un petit chemin ensable encadré de troncs séchés par le soleil, mais au fond il se fiche pas mal de ce chemin. Tout ce qui lui importe c'est Evelyn. Ils sont si proches qu'il jurerait pouvoir sentir son parfum. De temps à autres, ils se frôlent. Léger contact qui l'électrisent à chaque fois. Il a du mal à ne pas frissonner ou sursauter quand cela arrive. Hiro sent qu'il rougit. Il doit être pivoine, heureusement l'obscurité joue en sa faveur et cela doit passer relativement inaperçu. Il a aussi l'impression que son rythme cardiaque s'est accéléré. Son coeur bat si fort tellement il est nerveux qu'elle doit l'entendre ! Il jette un regard à Evelyn. Elle semble... tendue elle aussi. Elle regarde la sable sous ses pieds et se contente de mettre un pied devant l'autre. Pour elle normalement si distante, ce doit être à la fois une véritable marque d'intérêt, et il en est honoré, mais aussi fort troublant. Elle a fait un grand pas dans sa direction. Avant qu'il ait le temps de s'exprimer et de tenter de lui faire comprendre ces sentiments confus qu'il ressent à son égard elle l'a déconcerté et a pris la main. Elle maîtrise le jeu, encore. Mais maintenant c'est à son tour de jouer. Et dans ce jeu l'important n'est pas de gagner à la fin mais de faire une superbe partie. Il faut qu'il dise quelque chose. Il a là une occasion en or pour pouvoir lui parler encore un peu seul à seul. C'est ce qu'il voulait. Le problème c'est qu'il n'a pas vraiment d'idée. Quel sujet peut-il aborder alors qu'ils sont si proches qu'il sent sa chaleur chaque fois qu'elle le frôle ? Finalement, il inspire un grand coup et lui dit :

"J'ai encore du mal à croire qu'on est aux Bahamas. Le cadre est superbe, c'est vraiment sympa... Je n'étais jamais parti en vacances à l'étranger. D'habitude j'allais chez mes grands-parents en pleine campagne dans un coin paumé où il n'y avait quasi rien à faire ou en camp. C'était sympa mais c'est tout à fait différent avec ce qu'on fait ce coup-ci. Rien que prendre l'avion, je ne l'avais encore jamais pris, j'étais excité comme un gamin. J'avoue avoir été un peu déçu, je m'attendais à quelque chose de plus... incroyable que simplement s'asseoir à son siège, boucler sa ceinture et attendre l'arrivée."

Wow. Il n'était pas exactement sûr de comment il en avait dérivé pour parler de son enfance etc. mais au moins il avait dit quelque chose. Dire qu'il comptait simplement lui dire une banalité en espérant que cela leur permette de trouver une discussion, finalement il s'était lancé assez simplement. Il lance un regard à Evelyn. Pourvu qu'il ne l'embête pas avec ses vieilles histoires. Ce serait gênant. Mais alors qu'il lui lance un regard, il manque de glisser à cause du sable qui s'est légèrement dérobé sous son pied. Assez pour lui faire presque perdre l'équilibre. Instinctivement, il passe son bras le long de la taille d'Evelyn pour ne pas chuter. Il met quelques secondes avant de se rendre compte qu'il vient d'enserrer sa taille et de l'étreindre littéralement contre lui. Il la relâche -un peu à regret il doit l'avouer- avant de bafouiller :

"Ah... Désolé je... Euh... je..."

Il a juste envie de lui lancer que sa peau était très douce mais il craint fort sa réaction s'il ose ouvrir la bouche et prononcer ces mots. A la place, il rougit de plus belle, lui jetant un regard dérobé en attendant sa réaction.


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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Jeu 23 Oct - 3:27


 ❝Le plus important, c'est de voir❞
feat. Hiro Komage.



Cadre superbe, vacances à l'étranger. Partir chez ses grands-parents, en pleine campagne, ou en camp de vacances pour jeunes. C'est différent, cette fois. Je soupire doucement, je n'ai jamais connu tout ça. Adam et moi passion nos vacances ensemble. Je n'avais pas besoin de voyager pour me sentir heureuse, sa seule présence me comblait de bonheur. Nous étions séparés le reste du temps, et ne pouvions nous retrouver que deux semaines, tous les six mois. Il n'y avait rien de plus beau que le voir descendre du train, son sac de voyage en treillis calé sur l'épaule et sa veste en cuir noire posée négligemment par-dessus. Nous avions seulement besoin d'être ensemble. Les cadres, les activités, rien ne nous intéressait plus que d'être dans la proximité de l'autre. Alors les désirs d'Hiro, les souvenirs qu'il me racontent, seraient probablement sans importance s'ils étaient bien. Pourtant je sens qu'ils sont capitaux pour lui. Une part importante de sa vie, qu'il a choisi de partager avec moi. Je n'avais jamais pris l'avion non plus, avant d'arriver ici. Et comme lui, je n'ai pas été aussi impressionnée que ce à quoi je m'attendais. Je souris discrètement, j'acquiesce. Je m'apprête à lui répondre, mais son regard se pose sur moi et il ne fait plus attention où il marche. Dans la pénombre, les obstacles sont plus nombreux et plus fourbes qu'en plein jour. Je sens son bras glisser autour de moi, trop vite pour que j'aie le temps de m'écarter. J'écarquille les yeux, il reprend son équilibre presque aussitôt et me relâche. Il s'excuse gauchement, je détourne brusquement le regard et m'éloigne de deux pas, lâchant sa serviette pour me libérer de sa proximité et surtout, des émotions qui me submergent brutalement. Je meurs de chaud, soudainement.

- C'n'est pas grave.

Je lâche d'un ton sec, trop sec mais c'est un réflexe, une sorte d'auto-défense. Trop près. J'étais trop près de lui, c'est ma faute. Je lâche un léger soupire de soulagement quand les battements de mon coeur reprennent un rythme régulier, et je redresse timidement la tête vers lui. Je jette un oeil au bout du chemin, la soirée est terminée pour moi. Peu importe ce qu'à prévu Hiro pour la suite de la nuit, la mienne s'arrête là et mon lit m'appelle en hurlant. Je montre un baraquement du bout du pouce, timidement.

- Je ... Mon bungalow est là.

Je n'attends pas qu'il réponde, je m'éloigne de quelques pas en lui tournant le dos. Je m'arrête, me retourne vers lui et le regarde une dernière fois, puis je trottine pour me rapprocher à nouveau et embrasse furtivement sa joue. Je file ensuite jusqu'à la porte, je l'ouvre et je m'enferme sans un regard en arrière, trop gênée parce que je viens de faire. Et puis, j'ai trop peur de la réaction qu'il aurait pu avoir si je lui avais laissé le temps de comprendre. Je lâche un long soupire de soulagement, et je me laisse glisser contre la porte. J'affiche un sourire radieux, amusé, fier. J'ai embrassé un garçon. C'que c'était chouette ! Je me relève finalement, je regarde à travers le rideau sans avoir allumé la lumière, mais il n'est déjà plus devant mon bungalow. Certainement a-t-il rejoint ses amis ou sa propre chambre. Je laisse se refermer les stores et je file à la douche, pour me détendre et me préparer à passer une bonne nuit avant de profiter encore de ces vacances.

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MessageSujet: Re: FINI - Le plus important, c'est de voir Dim 16 Nov - 1:33

Elle s’est refermée. Un peu. Mais c’est différent. Elle pouvait un peu être comparée à un animal sauvage : superbe, mais farouche, distant et méfiant. A sa manière, il avait réussi à l’apprivoiser. Autant qu’il l’avait pu. Elle était toutefois toujours au fond une créature libre qui acceptait sa présence. Elle n’avait pas fondamentalement besoin de lui. Il était un plus, un atout qu’elle était venue à apprécier. Alors son geste gauche l’avait effarouchée. Comme s’il avait fait un geste trop brusque et que son instinct lui avait ordonné de se reculer un instant pour s’assurer qu’il n’y avait pas de danger. Les vieilles habitudes ont la vie dure.  Mais ce n’était pas grave. C’était sa façon d’être, il la comprenait. Autant qu’il le pouvait du moins. Il avait réussi à s’approcher. Il l’avait amadouée à sa manière gauche et franche et avait gagné l’autorisation de rester à ses côtés. Tout cela en voulant simplement l’aider. Et en même temps elle avait réussi à le charmer. Mais c’était difficile à avouer, risqué. Il avait eu beaucoup de chance de pouvoir être aussi rapidement aussi proche d’elle, il n’avait pas envie de tout risquer à cause de sentiments qu’il ne pouvait exactement expliquer et clarifier. Il n’était pas tout à fait sûr de la manière dont il devait la voir. Elle était charmante et belle, mais froide et distante aussi. Il avait envie d’oser se proclamer un de ses amis puisqu’elle l’avait laissée entrevoir ce qu’il y avait sous sa carapace. Mais il y avait autre chose. Une légère attirance, un peu d’incertitude et donc il se retrouvait sans trop savoir à quel stade il devait s’en tenir. C’était compliqué. Et ç’aurait été agaçant s’il y avait véritablement réfléchi, mais il était bien trop occupé à la regarder du coin de l’œil. A la détailler  tandis qu’elle marchait quelques pas devant lui.

Ils sont arrivés. Son bungalow est à côté. La soirée est finie. Elle s’éloigne. Déjà. Trop vite. Il hésite. Il a envie de l’appeler. De discuter encore un peu. De dire des bêtises rien que pour l’entendre rire. De dire tout ce qu’il lui passait par la tête pour la retenir encore un peu. Il a envie de faire plus. D’attraper sa main et de la serrer doucement dans la sienne et de l’assurer encore et encore qu’il ne la laissera pas malgré toutes ses craintes, et ce jusqu’à ce qu’elle en soit enfin persuadée. Il a envie de faire tout cela et bien plus encore…  Mais il se tait et la regarde s’éloigner. Avant même de comprendre ce qu’elle fait, elle revient vers lui. Il veut dire quelque chose mais il n’en a pas le temps. Ses lèvres touchent sa joue en un léger baiser. Stupéfait, il reste immobile sans savoir comment il doit réagir. L’instant d’après elle a déjà repris ses distances et la porte s’est refermée.

Il est seul. Mais il a encore l’impression de sentir sa présence contre lui. Inconsciemment, sa main se porte à sa joue qu’il touche comme pour s’assurer que tout ce qui s’est passé était réel. Un léger sourire est figé sur ses lèvres. Il s’éloigne de quelques pas. Dans la pénombre, il se retourne et regarde le bungalow. Il doit être invisible depuis la fenêtre. Il reste de longues minutes ainsi, espérant juste entrapercevoir sa présence. Ce n’est qu’un long moment plus tard qu’il finit par abaisser sa main et s’en retourner à son bungalow. Le léger sourire n’a pas quitté ses lèvres.

Cette nuit est longue et belle. Les étoiles brillent sur un cadre idyllique et enchanteur. Allongé sur le lit de son bungalow, Hiro ne cesse de revoir en boucle cette soirée jusqu’à ce qu’enfin le sommeil réussisse à le prendre. Il s’endort en pensant à une jeune fille aux longs cheveux qui passe son temps à épier les autres de loin. Et il a hâte d’être le lendemain.

HRP :

A archiver.
Merci Evy pour ce superbe Rp ♥ Et désolé du temps que j'ai mis à répondre plusieurs fois :/


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