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Joyeux noël à tous, faites attention aux chocolats mhuahaha !

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 Voilà les délinquants! (PV: Alexis)

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MessageSujet: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Jeu 11 Sep - 17:08

Ce jour là, j'étais de corvée de surveillance. Une besogne qui ne m'enchantait guère. J'avais choisi d'être professeur, pas nourrice, après tout, et surveiller des gamins, ce n'était pas mon fort. J'étais bien placé pour savoir qu'il est inutile de s'en prendre à un élève qui a décidé de ne pas y mettre du sien. J'avais moi-même été le meneur d'une bandes de scélérats, traînant les pieds et contestant sans relâche. Puis j'avais compris que ce n'était pas la voie à suivre. Mais il avait fallu attendre le déclic. Un déclic qui avait tardé. Inconsciemment, je crois, j'espérais, moi aussi, en m'investissant dans ma mission d'enseignant, pouvoir offrir à quelqu'un cette chance, pouvoir être celui qui pousserait les âmes rebelles à changer.

Mais, pour l'instant, je n'avais d'autre choix que de me montrer froid et distant pour imposer l'autorité, l'ordre et le respect. Si l'on m'avait dit que je défendrais un jour de telles valeurs, jamais je ne l'aurais cru. Une dizaine d'années auparavant, j'étais un anarchiste convaincu, qui ne croyait ni en la société, ni en l'avenir. Je pensais que ma vie s'arrêterait une fois que mes vieux os auraient dépassé la vingtaine. J'avais fait une erreur. Ou plutôt, j'avais momentanément rangé mes idéaux au placard car il arrive que la vie nous pousse sur des sentiers inattendus. Parfois, la culpabilité m'accablait car je me sentais comme l'homme de cette chanson française que j'avais entendue par hasard dans la voiture de ma mère à la radio. J'étais un ex-robin des bois, et pourtant je travaillais à présent pour le roi.

Quoiqu'il en soit, je me devais d'accomplir mon devoir, et celui-ci passait,pour une raison que j'ignorai, en ce jour, par la case surveillance. Il y avait dans ce pensionnat des employés dont ceci était le métier, et pourtant, j'étais exceptionnellement celui que l'on avait désigné. Je m'adossai à un des piliers qui soutenait le bâtiment principal et, sirotant à l'excès des gorgées de café, je feignis d'être passionné par l'activité matinale que l'on m'avait imposée.

Soudain, je repérai, dans le lointain, un groupe d'élèves qui taguaient sans scrupule l'un des murs du préau. J'étouffais un soupir: il me fallait me charger de cette affaire. Je n'avais aucune envie ni de freiner l'élan créatif de ces jeunes gens, ni de jouer les vieux cons grabataires et autoritaires. Mais c'est ainsi que justice devait être dispensée.

C'est par conséquent d'une démarche assurée que je m'avançai vers le maigre troupeau de délinquants. Parmi eux, je reconnus une élève que j'avais déjà eu en cours. Elle se prénommait Alexis et n'était pas des plus assidues. Elle n'avait de cesse d'envoyer des sms en plein cours ou de bavarder. Si je l'avais réprimandé pour ses babillages, les messages me laissaient indifférent. Si elle refusait d'écouter, ce n'était pas mon problème. Chacun était libre de recevoir l'éducation qu'on lui proposait ou de la refuser, libre de faire ses propres expériences.

Cependant, le détérioration du mobilier, elle était interdite. Chose que je pouvais ignorer. Arrivé à la hauteur des jeunes gens,qui visiblement n'avait pas remarqué ma présence,je lâchai d'un ton aussi tranchant qu'une lame de rasoir.

"Il est un peu tôt pour le cours d'art plastique."

Posant sur eux un regard de glace, je croisai les bras sur ma poitrine, dans l'attente d'une réaction.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Ven 12 Sep - 22:30


La journée commençait toujours mal chez Alexis. Parce qu'il fallait se lever. Sérieusement, peu importe celui qui avait inventé le réveil, ou les horaires tant qu'elle y était, était un sadique malade dans sa tête et dans son corps. Et elle le maudissait sur au moins quarante-mille générations. Histoire d'être sûr que la malédiction prenne bien effet.
Ceci dit, elle avait fini par réussir à se lever, se préparer, et avait suivi le début des cours tranquillement. Tout du moins aussi tranquillement qu'elle le pouvait, c'est à dire en passant la moitié de son temps à envoyer des messages et l'autre moitié à remuer un peu dans tous les sens en soupirant, dans l'espoir que ça passe plus vite. Mais étrangement cette pratique ne semblait pas trop fonctionner, et agaçait plutôt les professeurs. Mais ce n'était pas sa faute si les cours étaient chiants. Et si elle ne comprenait pas la moitié de ceux-ci de toute façon puisqu'ils étaient donnés en français. Et que elle et cette magnifique langue, ça faisait un peu deux. Elle avait bien sûr de bonnes bases, mais ce n'était pas suffisant pour suivre des sujets complexes.

Finalement, la journée se termina assez rapidement considérant l'ennui qu'elle vivait assez généralement. Elle rejoignit un groupe d'ami pensionnaire également, et pour la plupart anglophone ou au moins sachant aligner plus de trois mots, et l'un d'eux fit part de sa dernière acquisition. Des bombes de peinture.
Ah, voilà un truc qui lui parlait ! Quand elle vivait encore à Seattle, elle aidait souvent un ami qui posait sa marque dans divers endroits de la ville. Le groupe décida d'aller faire ça à l'intérieur de l'école, ce que Lexie déconseilla fortement, levant les yeux au ciel quand ils insistèrent. Très bien, mais s'ils se faisaient prendre, il faudrait qu'ils assument.

Evidemment, au moment où la voix du professeur retentit derrière eux, ce fut la débandade. La plupart des élèves partirent dans tous les sens, s'enfuyant en laissant derrière eux les bombes de peinture et une Alexis qui n'avait pas particulièrement envie de fuir au milieu de leur œuvre. Il fallait bien que quelqu'un se décide à la finir.
Elle regarda le professeur, soutint son regard, pas plus impressionnée que ça. Il allait faire quoi ? La coller ? Oh la la, elle avait peur. Reprenant entre ses mains l'outil d'art en se baissant, elle se redressa et fit un sourire malicieux à l'enseignant. « It's always the right time for art, don't you think ? » S'adressant à un professeur d'anglais, elle n'allait pas faire l'effort de s'exprimer en français. Bien sûr, sa pensée restait simple, et elle aurait pu la traduire assez facilement en soi. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas confiance en ses capacités, ou par peur de l'accent qu'elle pourrait avoir, elle n'en voyait simplement pas la nécessité.
Ceci dit, elle secoua la bombe et reprit leur œuvre en couvrant le bas de son visage d'un masque de chirurgien, pour na pas inhaler la fumée toxique.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Ven 12 Sep - 23:48

En moins de temps qu’il ne faut pour dire ouf, le troupeau se dissipa et, comme je m’y attendais, je me trouvais nez à nez avec la jeune Alexis . Je lisais dans ses yeux une ferme détermination teintée d’un air de défi. Oh bien sûr, cette jeune fille avait bien des défauts, en premier lieu celui de ne pas écouter, ou encore de se montrer réticente et effrontée. Mais il y avait une qualité qu’on ne pouvait lui enlever : le courage. Un courage certes mal employé et que, pourtant, dans d’autres circonstances, je me serais efforcé d’applaudir. Là où ses compagnons avaient fui, elle, était restée, comme pour affronter les conséquences de ses actes.

Du moins, c’est ce que je croyais jusqu’à ce qu’elle relève la tête, me dévisageant. Etait-ce une tentative d’intimidation ? Pour ne rien cacher, cette attitude, qui pourtant avait été mienne quelques années auparavant, m’exaspérait plus encore que d’avoir pris malgré moi ces gosses en flagrant délit. D’une part, parce que ce n’était pas mon job ( où était le chargé de surveillance à ce moment précis ? Une question qui pour l’heure resterait sans réponse), d’autre part parce que je n’avais aucun moyen de pression. Je doutais que les colles, les punitions, changeraient quoique ce soit à son attitude. A vrai dire, je supposais qu’elles provoqueraient l’effet inverse. Mais je ne pouvais tout de même pas rester là les bras ballants ! Je souhaitais offrir l’image d’un prof détendu et agréable, toutefois, ce n’était pas une raison pour sombrer dans le laxisme.

De plus, un tel comportement me rappelait un camarade de classe sur lequel le sort s’était durement acharné, me laissant croire, durant de longues années durant que jamais on ne pouvait remonter la pente sur laquelle on avait glissé si celle-ci était mauvaise. Passons les détails outranciers, il se prénommait Matt et nous fréquentions, par pur hasard, les mêmes salles de classe, l’air patibulaire, mal rasés et mal coiffés. Nous traversions tous deux une passe difficile et, au cours d’intempestifs bavardages, le morose quotidien avait fini par nous rapprocher au point de former un duo d’inséparables moribonds. Enchaînant batailles de yahourts à la cantine lorsque nous étions encore des enfants innocents, ou essayant de nous introduire dans les recoins interdits de l’école quand nous fûmes un peu plus âgés. Mais, de nous deux, Matt était sans aucun doute le plus inconscient, prenant parfois d’énormes risques sans même s’en rendre compte. Pour la petite anecdote, alors qu’il n’avait que quatorze ans, il s’était cru en mesure de conduire la voiture de son père. Le résultat fut sans appel : le conducteur, inexpérimenté et dans l’inégalité, avait embouti un arbre, avait manqué de renverser un piéton. Une erreur grave, qui avait manqué de coûter une vie.
Suite à cet événement, on décida que celui que je considérais comme mon meilleur ami, devait, pour le bien de la communauté, fréquenter une institution spécialisée.

Cette année là, je perdis sa trace pour ne la retrouver qu’un an plus tard. Ce jour-là, il était justement en pleine création artistique, taguant les murs d’une église. Un sacrilège qui m’avait amusé. Son allure, elle, m’avait affligée. Il était blême, étique, blafard, ses bras étaient couverts de cicatrices. Il avait jeté son dévolu dans les méandres de l’art passionnel, ceux desquels on ne réchappe pas. Le destin finit par nous séparer. Quelques années plus tard, j’appris qu’il s’était suicidé. Une nouvelle qui provoqua en moi un choc.

Et voilà que le film de la vie de Matt défilait sous mes yeux. Mon cerveau était une machine qui s’emballe. Soudain, Alexis persifla entre ses dents. Une phrase en Anglais. Evidemment. Pourquoi fournir un effort ? Mettant de côté mon pessimisme noir, je finis par me faire une raison et tirai pour conclusion que ce qu’il manquait à la demoiselle était une oreille attentive. Si je me montrais assez habile, peut-être était-ce un rôle que je parviendrais à jouer.
Abaissant doucement la bombe de peinture d’un geste de main, je rétorquai, en français cette fois-ci :

« Certes. Excepté lorsque celui-ci est contre la loi. »

Je marquai une courte pause et ajoutai :

« Dîtes-moi, qu’est-ce qui vous pousse à faire ça ? »

Je me doutais que la réponse qu’Alexis me fournirait serait loin de me satisfaire. Mon unique but était de lui faire peu à peu prendre conscience de ses actes.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Sam 13 Sep - 2:17

Alexis était calme à vrai dire, ni intimidée, ni agacée de s'être ainsi faite attrapée. Elle savait parfaitement que cela finirait par arriver en étant suffisamment stupide pour venir taguer ici. Mais elle n'y pouvait pas grand chose. En revanche elle n'apprécia guère le contact de la main de l'enseignant sur la sienne pour baisser la bombe de peinture. Ses yeux tombèrent sur sa main, et elle releva un regard plus contrarié sur l'homme, pinçant les lèvres en fuyant son contact comme si ça l'avait brûlé. Alexis était généralement une personne tactile, elle était la première à venir chercher une étreinte ou des bisous, mais elle aimait quand elle était celle à initier le mouvement. Quand elle maîtrisait les événements. Question de confiance. Et là, elle ne faisait pas vraiment confiance à l'enseignant.
Pourquoi le ferait-elle, d'ailleurs ? Elle ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam et il était là simplement pour la réprimander. Mais elle ne laissa pas paraître très longtemps ce problème, relevant les yeux vers l'homme.

Elle se concentra sur les mots, essayant de comprendre ce qu'il disait dans son entièreté. Elle supposa que le certes était un assentiment à ce qu'elle disait, même si le ton indiquait un léger désaccord. Du reste... Elle eut surtout du mal sur le sens de l'expression employer. Pousser à... Elle dû en supposer le sens, à nouveau, les sourcils froncés.
Allons Alexis, fait des efforts.
Elle poussa un léger soupir, passa une main dans ses cheveux blonds pour les remettre en place correctement et laissa retombé la bombe de peinture dans le sac plastique où se trouvait les autres. Elle se frotta les mains à plat, puis se décida à répondre en inspirant, cherchant ses mots en français, puisqu'il tenait à faire la discussion dans cette langue. Mais il ne fallait pas s'attendre à des réponses très développées alors.
« Jamais entendu de Ernest Pignon Ernest je vois. » Non non, il ne manquait pas de mot. Bon, si, mais pas à ses yeux.
Ceci dit, elle en vint ensuite à la réponse à sa seconde question. « Et je fais ce que je fais parce que je peux et je veux le faire. »
Un sourire insolent se dessina alors sur ses lèvres. Elle s'humecta celle du haut rapidement, visiblement prête à dire une bêtise, ou peut-être pas d'ailleurs considérant les paroles qui allaient tomber. « Anyway, ça sera toujours plus beau que ce gris moche. Tu pouvez aider si tu voulez. » Mais c'est qu'elle tente de corrompre e professeur là ! La vile créature !
Evidemment, elle se doute du refus qui va suivre, et n'attend pas un seul instant qu'il accepte. Surtout maintenant qu'elle avait répondu à sa question par des raisons qui pour certains pouvaient paraître absurde. Faire ce qu'elle faisait parce qu'elle pouvait. Mais n'était-ce pas là l'essence de la vie ? Pouvoir, donc vouloir, donc faire. Encore et encore, à l'infini.
Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien, notre terre détruite par l'homme.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Sam 13 Sep - 22:06

Face à temps de détermination, à cette moue offusquée, il me fallut bien de la contenance pour ne pas exploser de rire. Malgré tout, un rictus tordit cependant mes lèvres et j’espérai que la jeune fille ne l’aurait pas remarqué. Jamais je n’avais songé qu’il est parfois difficile de garder son sérieux face à des adolescents contrariés et j’en faisais à présent les frais. Je pris une discrète inspiration afin de retrouver mon calme. La froideur, James, toujours observer une attitude froide, presque austère. Je ne savais plus qui m’avait prodigué ce conseil mais je savais une chose : il me fallait l’appliquer.
Une tâche qui, de toute évidence, en ce jour, me causerait des problèmes. C’était une ces journées, je crois, que l’on qualifie de’’jour sans’’. Sans quoi ? On ne me l’avait jamais précisé. Toutefois, j’étais un assez grand garçon pour comprendre ce qui me manquait dans cette situation : de l’enthousiasme, de la fermeté, une façon rusée de résoudre le problème…Tout. Une nouvelle impasse. Et l’attitude d’Alexis, pour ne rien cacher, avait suffi à altérer mon humeur, qui du reste, n’était déjà pas au beau fixe.

Soudain, un bruit m’arracha à mes pensées et je constatai que la jeune fille s’était momentanément débarrassée de son précieux outil d’art. Tripotant ses cheveux, elle mentionna le nom d’un artiste que je ne connaissais pas. Ce ne fut qu’une fraction de seconde plus tard que je notai l’incohérence grammaticale de sa phrase et corrigeai presque contre ma propre volonté.

« Entendu parler. On dit entendu parler. »

Le ton que j’avais employé sonnait presque prétentieux. Je détestais cette façade de ma personnalité qui ne s’exprimait que très peu. Mais, en certaines circonstances, je n’avais pas d’autres choix. La langue de Molière était aussi la mienne, après tout, et qu’on l’écorche m’irritait légèrement.

A peine ai-je eus le temps de soulever le problème que déjà, la demoiselle lance une nouvelle remarque cinglante. C’est agaçant. Je dirais même plus, exaspérant. Je décide par conséquent de répliquer par une dose spontanée de sarcasme :

« Vraiment ? Tu le peux ? En es-tu sûre ? »

Si j’avais opté pour le vouvoiement au début de la conversation, je me résolus à abandonner celui-ci comme pour signifier, d’une part, mon mécontentement ( qui ne serait que certes passager), mais aussi pour indiquer qu’il y avait malgré tout dans cet entretien une notion de hiérarchie. Un léger recadrage était nécessaire alors, quelle autre solution que de jouer au vieux con ?

Tout à coup, Alexis énonça une phrase qui, je me devais de l’admettre, était empreinte de vérité. Ces murs gris, blafards et sobres humaient le parfum âpre de la tristesse. Je jetai sans trop m’en rendre compte, un coup d’œil au grafitti. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il représentait, mais force était de reconnaître qu’il avait une certaine allure Peut-être il y avait-il dans cet acte de rébellion délibéré un certain talent. Soudain, Alexis m’indiqua que je pouvais me joindre à elle dans cette manigance, et ceci entaché, encore une fois, d’une indubitable faute de français. Je secouai la tête, poussant un soupir presque las.

« Je crois qu’il y a autre chose qui pourrait t’aider. »


Je n’ajoutai rien d’autre, laissant la phrase en suspens, comme pour susciter la curiosité.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Lun 15 Sep - 1:00

Lexie prit note mentalement de la correction faite par James. Entendu parler. Noté. Elle essayerait de ne plus faire la faute. Elle apprenait vite de toute façon en vivant dans un pays dont la langue officielle était le français. Elle ne se formalisa pas de la prétention de l'enseignant, d'ailleurs, puisqu'elle poursuivit tranquillement.
Elle se contenta de hocher la tête lorsqu'il demanda si vraiment elle le pouvait. A priori oui, tant qu'il ne faisait rien de plus pour l'en empêcher, elle pourrait recommencer plus tard. Pas qu'elle y tenait nécessairement, mais elle n'aimait pas ne pas finir ce qu'elle avait commencé. Mais comme l'enseignant semblait visiblement ne pas vouloir la laisser tranquille.... L'adolescente ne fit toutefois rien remarqué et haussa un sourcil amusé face à la remarque de James.
S'il voulait obtenir quelque chose d'elle, il allait devoir être plus spécifique.
« Oui. Les... stencils. Très pratique. » Elle ne connaissait pas le mot français. Il faut dire, un pochoir n'était pas vraiment du langage courant. Donc pas le genre de chose qu'elle avait pu apprendre en cours, ni qu'elle avait cherché un jour. Alexis, comme souvent, prenait la situation avec beaucoup de recul et s'en amusait plus qu'autre chose en tout cas, la preuve avec ses répliques loin d'être sérieuses. Elle aimait faire preuve d'humour. Il faut dire, l'homme la jouait bien trop énigmatique pour que l'adolescente prenne la peine de faire le moindre effort. Elle n'aimait pas particulièrement quand les gens pensaient qu'elle allait s'ouvrir comme ça à eux. Car c'était assez évident que c'était ce que cherchait l'homme avec ses questions et ses phrases énigmatiques.
Pour lui, tous ceux qui faisaient des conneries devaient avoir des problèmes dans leur vie, apparemment. Quel amalgame réducteur. Sans parler de ce que ça dévoiler sur l'homme face à elle, qu'elle examina un peu plus attentivement. L'air désinvolte, l'allure assez peu professionnelle pour un enseignant... Elle ne s'attarda pas plus longtemps que ça, ceci dit.

Alexis croisa les bras sur sa poitrine face à cette figure d'autorité, et releva un peu le menton, prenant un petit air de défi, toujours amusée toutefois. Elle le toisa ainsi, se repositionnant un peu sur ses appuis pour lui faire face sans flancher. « Sérieusement, qu'est-ce que tu voulez que je te dise ? Tu semblez avoir le réponse à tes propres mots. Je t'écoute. »
Alors, qu'avait-il de si révolutionnaire à lui apporter. Puisque visiblement il avait l'intention de faire la conversation tout seul et d'apporter sa grâce à Alexis, elle attendait. Qu'il lui fasse donc la morale, il ne serait ni le premier, ni le dernier à le faire, surtout qu'elle comptait bien profiter de sa jeunesse.
Le ton avait été plutôt provocateur, un peu insolent sans être pour autant méchant, l'enseignant avait donc tout intérêt à se montrer convaincant s'il tenait à gagner le respect de son élève. Et n'importe quel enseignant savait que le respect était ce qui permettait de tenir une classe correctement. Bien que ça ne fasse pas tout.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Lun 15 Sep - 23:32

En toute franchise, si ça n’avait tenu qu’à moi, et non pas à ce foutu règlement que les autorités compétentes se devaient de faire respecter ( et dont je faisais malgré moi partie intégrante), j’aurais déjà passé mon chemin depuis belle lurette. Pourquoi, me demanderez-vous? Eh bien parce qu’il y avait des cas autrement plus graves qu’une détérioration de matériel, surtout quand celui-ci, il fallait bien le soulever, s’avérait affreusement laid. Tout ce bitume gris, c’était à vous filer une incurable déprime. De là partait mon idée. Non pas mon idée initiale qui ne consistait qu’à réprimander, non, je songeais à une idée plus novatrice. Je doutais cependant que mes supérieurs l’approuvent.

Quoiqu’il en soit, je me perdis dans mes fantaisies et me pris un instant à imaginer à quoi le pensionnat pourrait ressembler si on me chargeait de la décoration. A en juger l’état de détérioration et de délabrement de mon appartement où –ma mère me l’avait un jour glissé-, une colonie de rats auraient trouvé abri confortable, je supposais que je n’avais ni un grand sens du rangement, ni un grand sens de l’esthétique. Alors, pour être franc, j’aurais sans doute négligemment repeint tous les murs en noir. Pas fantastique, n’est-ce pas ? J’étais, je crois, un artiste raté, et avec une idée pareille, la seule qui aurait manqué aux élève aurait été un cercueil. Ou une corde pour se pendre, à la rigueur. Je m’écarte du sujet. Quoiqu’il en soit, je n’étais sans conteste pas le plus expérimenté des décorateurs d’intérieur. Ni même d’extérieur, puisque c’est là le propos que nous discutions avant que je ne divague.

Soudain, la voix d’Alexis m’arracha une fois de plus à mes pensées. Elle rebondit immédiatement à ma question par une pirouette habile. Force était de constater que cette jeune fille avait un sens exquis de la répartie qui m’agaçait autant que cela m’amusait. Elle mentionna le terme de stencils que je n’avais pour ma part entendu depuis des années. De si longues années que j’en avais oublié la traduction. J’éludai donc la traditionnelle leçon de vocabulaire, cette fois-ci, espérant en mon for intérieur que ce stratagème passerait inaperçu. Un autre détail, par ailleurs, capta mon attention.

Dans mon champ de vision se trouvait un haut chêne dévoilant une branche à l’allure confortable. Sans trop comprendre pourquoi, je luttai contre l’irrésistible envie de courir d’un bond m’y installer pour somnoler. Ca n’avait aucun sens James ! Les humains dorment dans ou sur des lits, ou des canapés, à la rigueur, pas dans les arbres ! Quelle était donc cette nouvelle lubie qui s’emparait de moi ?

Je crus tout d’abord à une distraction passagère mais mon étrange état n’en fut qu’accentué lorsque je jetai tout mon dévolu sur un insecte qui passait juste sous mon nez. Allez savoir pourquoi, oubliant tous les discours que j’avais pu prononcer, il me vint la manie saugrenue de l’attraper, à la manière d’un chaton apeuré.
L’espace de ce court instant, ce fut comme si le temps avait suspendu sa course folle. Mais comment garder une once de sérieux après un événement pareil. Je m’empressai de m’excuser pour mon comportement – et dieu sait s’il existe qu’il faut savourer mes excuses tant elles sont rares-, et énonçai enfin l’idée qui me trottait dans la tête depuis quelques minutes déjà :

« Eh bien… C’est vrai que la vue est globalement assez moche dans ce coin là de la cour, alors, bien que je n’approuve pas tes méthodes, je crois que l’on pourrait peut-être envisager un ravalement de façade plus légal. On pourrait par exemple suggérer au proviseur que toi, tes petits camarades et les élèves d’art décoriez ce mur d’une façon ludique et agréable qui nous apporterait à tous un peu de gaieté dans ce monde de brutes. »

Oh bien sûr, je n’étais pas sans ignorer que si l’on ôtait à l’acte lui-même sa valeur nuisible et hors-la-loi, il perdait une majeure partie de son sens, mais ça m’était égal. J’envisageai une sorte de compromis. Pour ne pas paraître trop désinvolte, je m’empressai d’expliciter :

« Disons que ce sera une punition utile, dans ton cas. Un peu comme les travaux d’intérêt général avant la case prison. D’ailleurs, si j’étais toi, je ne continuerai pas sur la voie qui mène à cette case là. »

C’était outrancier et exagéré. Des gamins, comme je l’avais explicité, commettaient des actes autrement plus atroces et sujets à des sanctions punitives. Tout ce que je cherchais à faire comprendre à Alexis était de ne pas franchir le seuil d’une porte qui ne permettait pas le retour en arrière.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Mar 16 Sep - 12:39

Les réflexes de James étaient plutôt impressionnants, mais rien qui ne surprenne vraiment Alexis. Elle a déjà vu plus badass, et fait aussi, d'ailleurs. Son sport de prédilection était un sport extrême, il ne fallait pas l'oublier, et cela demandait des réflexes et une connaissance et possession de son corps plus que poussée. Sans parler d'étendre cette connaissance à l'outil utilisé. En attendant, à part trouver ça étrange, Alexis ne pensait pas grand chose de l'acte du professeur. Elle savait que les anglais étaient bizarres, mais là...
M'enfin, chacun ses lubies.
L'adolescente haussa les épaules à ses excuses, et écouta ensuite ce qu'il avait à dire. A croire qu'il aimait s'écouter parler, puisqu'il monologua une bonne minute. En soi, la proposition était intéressante. Elle ne doutait pas que celui qui avait eu l'idée de taguer serait partant, en tout cas. Ce n'était pas tous les jours qu'on donnait l'occasion à un artiste de rue de s'exprimer, et laisser passer l'occasion serait d'une stupidité sans nom. Les autres qui faisaient ça pour l'interdit eux refuseraient probablement.
Pour sa part, Alexis aiderait sans doute. Elle aimait bien les activités en extérieur, et contribuer à améliorer l'école lui plaisait bien. Après tout, elle allait passer au moins un an ici, alors pourquoi se priver ? Il était toujours agréable de voir son travail apprécié et peut-être même admirer. Parce que oui, elle ne doutait pas un seul instant que la plupart des élèves salueraient la venue de quelques couleurs plus joyeuses que le gris béton sous ce préau ou ailleurs.

Ceci dit, autant elle saluait la première partie de sa proposition, autant faire passer ça pour une punition lui disait beaucoup moins. Rien de tel pour saper le moral des troupes que de faire ça. Elle ne tiqua pas sur la faute de son professeur au passage, que d'autres auraient relevés pour s'empresser de corriger comme il avait pu le faire plus tôt.
Ce qui lui déplu d'autant plus au passage fut l'espèce de petite leçon de moral qu'il tenta de lui donner. Elle passa une main un peu agacée dans ses cheveux, les ramenant vers l'arrière pour finalement les laisser retomber lestement sur ses épaules. Elle n'appréciait guère que quelqu'un qui ne savait rien d'elle s'amuse à lui donner des conseils, surtout lorsqu'il s'agissait de tels généralités. Il pensait vraiment pouvoir faire changer quelque chose ?
« Je suis sûre que Matt' serait content au sujet de faire ça. Et l'aider serait mon plaisir. Mais... » Alexis se rapprocha de l'homme et le toisa du haut de son mètre soixante-quinze, sans se soucier d'une possible différence de taille, et elle planta ses yeux d'un azur glacial dans ceux du professeur. « Je n'aime pas comment tu me prenez pour une moins que rien qui ne sait pas ce qu'elle fait. Je ne suis pas débile. Tu n'avez pas à me faire la morale. Pas sans savoir qui je suis. »
Le français restait approximatif, mais elle espérait avoir été claire au moins.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Mer 17 Sep - 17:57

Je ne compris que trop tard à quel point j’avais été bavard. Je me lançai dans de longues explications là où j’aurais dû me contenter de concision. A la longue liste de mes défauts, on aurait pu ajouter celui-là : je brassai constamment de l’air sans même m’en rendre compte. Vanité, ô vanité, quand tu nous tiens !
Oh, de toute évidence, cette prise de conscience, qui avait opéré depuis des années déjà, ne modifierait en rien mon attitude ! Qu’on m’apprécie, que l’on me déteste, ça m’était égal du moment que je pouvais parvenir à mes fins. Manipulateur, vous dîtes ? Je vous répliquerai par un las haussement d’épaules. Si je me montrais si éloquent, peut-être avais-je une raison sous-jacente à tout ceci. La raison, de toute évidence, était Kate. Kate, depuis dix ans, emportait dans les méandres de son mutisme tous ses secrets avec elle alors, désemparé, je m’efforçais de combler le vide aussi intense que douloureux qu’elle laissait derrière l’ombre d’elle-même qu’elle était devenue. Elle était ma sœur et je refusai de la voir s’éteindre lentement, à petit feu. Ainsi, je parlais pour deux. Pour trois peut-être. Mais pendant combien de temps encore pourrais-je imposer à tous cette situation ?

Si je continuai à me comporter de manière aussi étrange et changeante, les plus fins psychologues me qualifieraient certainement d’excessif, ou peut-être même de dangereux. Peut-être il y avait-il déjà des documents à mon nom possédant l’une ou l’autre de ces lugubres mentions. Et voilà que mes failles, une fois de plus, me dépassaient. Les propos d’Alexis me touchèrent profondément : prendre les gens de haut n’était pas mon but, bien au contraire. Pourtant, c’était là chose qui m’avait souvent été reproché. En effet, j’étais, d’apparence, froid, d’attitude distant et surtout, foncièrement caractériel. A ceci s’ajoutait mon imminent besoin de toujours vouloir sortir des clous, des normes.
Et à présent, il me fallait les imposer. Parfois, je me demandais comment j’avais bien pu décrocher cet emploi, moi, le rebelle au passé d’anarchiste convaincu et à la vie décousue. Depuis quelques années, j’étais certes devenu plus organisé, plus mature aussi, mais je ne me considérerais pas pour autant comme un modèle à suivre. Comment expliquer alors que la réflexion de la jeune fille m’offense ? Je répliquai enfin, de la même voix grave, presque gutturale qu’à l’ordinaire.

«Je sais, mais c’est mon job de jouer aux vieux cons, de faire la morale, de juger sans savoir. »

Tout ceci était dit non sans une certaine ironie. Si j’avais, ne le nions pas, un léger problème d’égo, j’étais aussi capable de faire preuve d’autodérision. Ou même de démontrer mes imperfections, mon manque de rigueur, qui ce jour-là, ne tarderait pas d’ailleurs à me rattraper.

Avant que je ne puisse ajouter quoique ce soit, la sonnerie stridente de mon téléphone vint m’irriter les oreilles. Ce n’était ni le lieu ni le moment ! Je jetai un coup d’œil furtif au nom qui s’affichait sur le mobile qui aurait dû être confortablement assoupi et éteint au fond d’une des poches de mon manteau. Alicia.

« F**ck !» fut la première pensée que je laissai échapper.

Pourquoi m’appelait-elle à une heure pareille ? Alicia était ma toute première petite amie et, s’il fut rapidement évidemment que nous ne gagnerions jamais un prix de couple de l’année, nous étions restés en bons termes. Elle m’appelait de temps à autre pour garder son fils Shaun lorsque son travail de serveuse ne lui offrait pas de plage horaire assez large pour s’offrir un moment de détente. Je n’avais jamais compris pourquoi Alicia plaçait en moi une confiance si aveugle, quand bien même je serais de toute évidence le pire des pères du monde. A titre ex-aequo avec le mien, bien entendu.

Rangeant rageusement le tonitruant objet, je repris mes esprits et avouai enfin :

« Bon ,je crois qu’on est quitte. Oublions la punition. Que penserais-tu de la simple idée de redécorer cet endroit ? »

Je me comportai comme un adolescent, changeant sans cesse d'avis et d'humeur, et sans jamais procéder à une introspection.
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Dim 28 Sep - 23:38

Depuis quand être professeur était synonyme d'être un vieux con jugeant ses élèves sans les connaître ? Pourquoi avoir choisi un job qu'il voyait comme ça ? Sérieusement, c'était à se demander si l'homme savait utiliser sa tête pour le coup. Parce que là, Alexis ne comprenait vraiment pas pourquoi il était devenu enseignant. Mais bon ce n'était pas vraiment son problème après tout.
De toute façon, sa vague réflexion fut interrompue par la sonnerie de téléphone de l'enseignant. Il aurait pu faire un effort et télécharger une musique au moins, au lieu d'abîmer les pauvres oreilles de l'américaine qui ne retint pas sa grimace, alors que l'homme se précipitait pour l'éteindre. L'adolescente en profita pour sortir une cigarette rapidement, et la glisser entre ses lèvres avant de venir ranger le paquet. Elle n'allait évidemment pas l'allumer ici, néanmoins elle pensait sortir de l'établissement pour pouvoir fumer tranquillement avant d'être enfermée à l'intérieur des locaux pour la nuit. Même si rien ne l'empêcherait d'aller fumer à la fenêtre de son dortoir. Sauf peut-être quelques protestations, mais ça...

« C'est une idée excellente. J'irais fumer, si le vieux con veut venir avant d'aller proposer au proviseur. Sauf si vous irez plus tard, pour pouvoir avoir une proposition plus solide à donner. » Le sourire d'Alexis s'était étirée, de façon à se teinter d'une provocation de circonstance. S'il ne voulait pas conserver cette image qu'il disait devoir renvoyer, il pouvait toujours venir. Bizarrement l'adolescente l'imaginait très bien fumer, avec l'allure qu'il avait. Il faisait sans doute aussi rebelle qu'elle, à la différence près qu'avec l'âge, ça lui donnait plutôt un air de dealer. Mais bon...
Mais en effet, aller demander l'autorisation avec un vrai dossier ne mangeait pas de pain en tout cas.

Alexis, sans se soucier de savoir si son professeur la suivait ou pas puisque visiblement l'affaire était close, se dirigea vers la sortie du lycée tranquillement. Elle avait juste le temps d'aller se fumer une clope avant la fermeture des portes, alors autant en profiter. Elle s'installa contre un mur à côté du portail, à l'ombre du soleil pour plus de tranquillité, et elle s'assit au sol, jambes relevées dans une position peu féminines puisque assez écartés pour laisser passer ses deux bras devant tranquillement, telle de la racaille moyenne.
Sortant un briquet, elle alluma le bâtonnet de la mort silencieusement, puis elle passa une main dans ses cheveux tranquillement. Elle leva les yeux vers l'homme.
« Pourquoi êtes-tu devenu professeur ? Si tu en donnez une si mauvaise image quand tu en parlez ? » Il voulait être différent de tous ces cons de profs ? C'était le moment où jamais, alors qu'un regard rendu d'autant plus perplexe par le geste de la prise de fumée de la cigarette. Les yeux se déplissèrent toutefois rapidement alors qu'elle observait l'enseignant, en attente d'une réponse.
Parce qu'il pouvait dire ce qu'il voulait, mais on ne devenait pas professeur par hasard tout de même, c'était un choix qu'on faisait généralement !
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MessageSujet: Re: Voilà les délinquants! (PV: Alexis) Mar 4 Nov - 18:14

Plus les minutes passaient, plus je me demandais pourquoi il m’avait pris l’irrésistible envie d’intervenir. Après tout, chacun était responsable de ses actes dans ce monde, non ? Je retins un haussement d’épaules. A croire que parfois, je ne me comprenais pas moi-même ! Et pourtant, j’avais succombé à la tentation de poser mon grain de sel au beau milieu de la situation, comme porté par cet incommensurable besoin de marquer le moindre de mes passages, d’y poser ma patte. C’était d’une extrême arrogance, et j’en avais bien conscience, mais je ne pouvais l’empêcher : j’avais cette envie puérile de marquer le monde, ce besoin qu’on se souvienne de moi. Pas forcément qu’on me traite en héros, simplement qu’on ne m’oublie pas.

Soudain, la cigarette que la jeune fille porta à ses lèvres m’arracha à mes grotesques considérations, me ramena à la réalité et à ma propre condition. Pour l’instant, je n’étais pas grand-chose de plus que moi, James Gainsborough. Je présumais, peut-être, à tort, qu’Alexis s’attendait à de nouvelles remontrances de ma part, comme par exemple lui rappeler les méfaits du tabac et autre bourrage de crâne. Cependant, je n’en avais aucune envie. Je n’étais pas son père, et je n’avais, pour une fois, une telle prétention. De plus, j’avais été jeune moi aussi, et je pouvais comprendre que l’on puisse ressentir le besoin de franchir les limites qui nous ont été imposées en tant qu’adolescent.

Comme pour signifier que je n’étais pas si rebelle que je le laissais paraître, je crus important de préciser :

« Je ne fume pas. », et repoussai la cigarette d’un geste de main furtif.

Cette vérité, pourtant n’avait pas toujours été. Dans le milieu où j’avais grandi, il était fréquent de boire et fumer, bien plus que de raison. Sans sombrer dans les clichés de la classe ouvrière démunie, mes jeunes années n’avaient pas été de tout repos, et je me souvenais très bien de ce jour où ma mère, frappée de stupeur, m’avait surpris une cigarette au bord des lèvres.
C’était une sombre et froide soirée d’automne et je m’étais réfugié dans l’allée au derrière de notre maison mitoyenne en brique rouge et aux rideaux en dentelles qui, somme toute, ressemblait à toutes les autres maisons du quartier. Ma décision n’avait pas été des plus intelligentes puisque c’était justement dans cette rue sinistre que nous avions l’habitude de sortir les poubelles. Toutefois, prisonnier d’un sentiment de frustration, je n’avais pas cherché à voir plus loin que le bout de mon nez, ni à analyser la situation. En vérité, ce qui avait causé mon humeur maussade n’était autre qu’une bagarre futile de gamins que j’avais, de toute évidence perdu, et je m’étais réfugié, ce jour-là, dans la cigarette, comme s’il s’agissait là d’une preuve venant affirmer ma virilité ébranlée par cette mésaventure.

Je n’avais été qu’un idiot et une simple phrase de ma mère, lorsqu’elle avait démasqué la supercherie, avait suffi à résumer la situation : James, est-ce que tu crois vraiment que fumer fera de toi un dur à cuire ? La vraie force ne se trouve pas là. En effet, ce soir-là, ç’avait simplement fait de moi un pauvre con pris à son propre piège.

Mais aujourd’hui, les choses étaient différentes. Ce n’était pas la cigarette qui me dérangeait, ni même le danger qu’elle représentait. Je n’avais que faire de tout ceci. A chacun ses choix, chacun était libre de choisir de mourir lentement à petit feu. Non, ce qui me rebutait était l’odeur qui me rappelait celle des braises et me ramenait bien des années en arrière, à des événements que j’aurais préféré chasser de ma mémoire.

Tout à coup, la jeune fille me posa une question. Une question qui souleva en moi bien des interrogations et je ne pus, bien malgré moi, masquer ma surprise. C’est vrai ça, pourquoi ? Peut-être aurais-je pu, par une boutade, me trouver une échappatoire. J’avais voulu être bien des choses dans ma vie avant d’en arriver là. Mais, si j’avais choisi ce métier, c’était pour des raisons plus profondes et sombres. Evasif, je me contentai de répliquer :

« Pour ne pas devenir un voleur. »

Ce n’était qu’une once de réponse, et pourtant, ce n’était pas un mensonge. Si j’avais suivi le chemin que l’existence m’avait tracé, qui sait si je ne trouverais pas en prison à l’heure qu’il était. Ou bien dealer de drogues.

Mon entrevue avec le proviseur, quant à elle, attendrait que je me sois plus attentivement penché sur la question. Faudrait-il pas passer pour un con sous peine de se faire virer, quand même!
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